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Cérémonie d'hommages aux victimes des attentats: "C'était peut-être trop organisé"

La comédienne Sylvie Testud, était l'invitée ce lundi des Grandes Gueules à l'occasion de la sortie du film "Arrête ton cinéma !". Elle a estimé que l'Etat manquait de sang-froid après les attentats.

Elle avait défilé avec deux millions de personnes le 11 janvier 2015, quelques jours après la tuerie de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher. Mais ce dimanche, elle est restée chez elle, et n'a pas participé aux manifestations de commémorations, Place de la République, à Paris. Non pas qu'elle se soit levée tard, excuse avancée par la maire de Paris Anne Hidalgo pour expliquer la (très) faible mobilisation, mais elle avoue ne pas avoir ressenti "d'élan" cette fois. "C'était peut-être trop organisé", a avancé comme explication la comédienne Sylvie Testud, invitée des Grandes Gueules ce lundi. "L'an dernier il y avait un élan, on sentait que c'était la population qui avait envie de venir, de témoigner et d'être solidaire".

"Les gens présents avaient très envie d'être les uns avec les autres"

"J'avais bravé mon angoisse parce que j'avais l'impression que c'était très important d'être là", rappelle la comédienne, qui a été marquée par "le silence dans lequel les gens défilaient", un silence "très émouvant". "Alors que j'étais très angoissée, je me suis dit que j'avais bien fait de venir. Je me sentais à ma place et j'ai l'impression que les gens qui étaient là avaient très envie d'être les uns avec les autres", raconte Sylvie Testud. Un an après, au-delà de la "tristesse" toujours présente, elle espère que "cette envie d'être ensemble va perdurer".

"L'angoisse, la flippe sont de très mauvaises conseillères"

Il y a en tout cas une chose que Sylvie Testud regrette: la précipitation avec laquelle des décisions ont été prises par le gouvernement après les attentats. "Il faut rester calme, ne pas prendre des décisions trop rapides. L'angoisse, la flippe sont de très mauvaises conseillères", estime la comédienne.

"L'État devrait être froid et nous, réagir à chaud. Mais là on a l'impression que c'est l'inverse. Que ce sont les citoyens qui doivent prendre du recul et penser eux-mêmes. En fait on a l'impression que l'on ne peut plus faire une connerie puisqu'ils les font déjà, eux", critique-t-elle.

"Avoir peur c'est normal, poursuit Sylvie Testud. Ce qui n'est pas bon c'est de tirer des conclusions de sa peur, de prendre des décisions alors que l'on sait qu'on n'est pas dans un état dans lequel on peut avoir une synthèse de ce qu'on pense".

P. G. avec les GG.