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Coronavirus: "J'ai un cancer, je suis sous chimio. Je suis abasourdie des images de ce week-end"

TEMOIGNAGE RMC - Muriel, 71 ans, lutte contre la maladie et ne comprend pas que certaines personnes restent insensibles aux consignes de sécurité destinées à stopper la propagation de l'épidémie de coronavirus.

Les Français ne semblent pas tous avoir pris la mesure de la pandémie qui touche la planète Terre. Les images des nombreuses personnes qui se rassemblaient encore dimanche dans les marchés et parcs ont surpris au lendemain de mesures drastiques annoncées par le gouvernement.

Les cafés, restaurants et commerces qui ne sont pas de première nécessité ont tous été interdits d'ouvrir au public alors que plus de 130 personnes sont mortes après avoir contracté le coronavirus en France selon le dernier bilan dimanche soir.

Toutefois, certains estiment qu'il faut "continuer de vivre". Un leitmotiv qui rend pantois de nombreux médecins, qui alertent que les services d'urgence et de réanimation commencent à se remplir dangereusement à travers le pays.

"Tant mieux pour eux, mais ils peuvent être un risque pour des gens comme moi"

Les médecins, mais aussi les patients. Ce lundi matin, Muriel, auditrice des Grandes Gueules, est intervenue en direct sur RMC pour partager son sentiment sur les images observées ce week-end.

"Je suis une personne à risque, j'ai 71 ans, j'ai un cancer et je suis sous chimiothérapie. Et j'étais absolument abasourdie de voir pendant le weekend des gens qui profitaient du soleil. Tant mieux pour eux, mais ils ne respectaient absolument pas les consignes et peuvent être un risque pour des gens comme moi. J'étais complètement scandalisée."

"Mon coeur saigne je peux vous le dire, le leur aussi, mais d'un commun accord on a décidé de ne pas venir me rendre visite"

Cette habitante de Calais a tout de même tenté de balader ses deux chiens quelques minutes et a observé que certains estaminet ont bravé les interdictions et laissé des clients venir dans leurs établissements et consommer.

"J'ai vu quatre bistrots ouverts...", regrette-t-elle. "On interdit les rassemblements, si on respecte une distance raisonnable, pourquoi pas. mais là les gens étaient les uns à côté des autres. Il y avait beaucoup de jeunes mais aussi des parents avec leurs petits enfants."

Alors qu'elle ne refuserait évidemment pas de la visite durant le temps de sa maladie, elle a quand même pris des dispositions avec sa propre famille.

"Mes enfants et mes petits enfants ne vivent pas dans la même région. Mon coeur saigne je peux vous le dire, le leur aussi, mais d'un commun accord on a décidé de ne pas venir me rendre visite. C'est vraiment douloureux pour nous tous. Mais on fait ça car ça peut être dangereux pour moi et pour eux."
James Abbott