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De Rugy entendu par la police dans l'affaire Baupin: "On ne peut pas fonder un jugement sur des rumeurs"

Le député écologiste François de Rugy était entendu ce mercredi matin par la police dans le cadre de l'enquête sur les faits de harcèlement et d'agressions sexuelles reprochés à Denis Baupin. Invité des Grandes Gueules, il

Tout juste sorti de son audition comme témoin dans l'affaire Denis Baupin, François de Rugy a rejoint le studio des Grandes Gueules. La hiérarchie d'Europe Ecologie Les Verts était-elle au courant des agissements dont Denis Baupin fait l'objet d'accusations et désormais de plaintes? C'est notamment sur cette question que le député de Loire-Atlantique était entendu par la police. 

"J'étais justement auditionné par la police dans le cadre de l'enquête préliminaire comme les différentes personnes qui ont pu être témoins directs ou indirects, citées par les personnes qui ont porté les accusations, citées dans les articles", explique-t-il.

L'enquête de France Inter et Mediapart avait en effet cité François de Rugy, indiquant qu'une collaboratrice du parti l'avait mis au courant de SMS équivoques de Denis Baupin "qui la mettait mal à l'aise". François de Rugy avait été mis au courant du malaise d'une collaboratrice. "Nous lui avions dit que même si en l'occurence il n'y avait rien qui relevait du harcèlement ou de l'agression, il fallait cesser les invitation qu'il avait faite à une collaboratrice", poursuit le député. Pour François de Rugy, rien ne permettait de dire que Denis Baupin pouvait avoir harcelé ou agressé des femmes.

"J'ai redit à la police ce que j'avais déjà dit publiquement. C'est-à-dire qu'au sein d'Europe Ecologie Les Verts évidemment que j'y ai côtoyé Denis Baupin pendant longtemps et ensuite à l'Assemblée nationale dans le groupe écologiste. Je n'avais jamais eu connaissance d'actes répréhensibles de sa part", assure le député.

Une utilisation politique de l'affaire?

Pour lui, même si des agissements tendancieux de Denis Baupin avec les femmes étaient connus, "on ne peut pas fonder des accusations ou un jugement sur quelqu'un sur la base d'une réputation, et encore moins de rumeurs". 

Le député écologiste s'interroge également sur le calcul politique lié à cette affaire. Peu après les révélations, Yves Contassot, conseiller de Paris avait dénoncé le silence du parti et notamment d'Emmanuel Cosse sur les rumeurs de harcèlement et d'agressions sexuelles au sein du parti. "On sait très bien qu'il a été très très longtemps en concurrence et en opposition avec Denis Baupin au sein de la mairie de Paris, au sein des Verts pour le leadership à la mairie de Paris. C'est un problème récurrent en politique. C'est très difficile de séparer les faits, qui aux vues des accusations sont potentiellement graves et l'utilisation politique qui peut en être faite", regrette François de Rugy. 

"Il nous a dit, je n'ai rien à me reprocher"

Cette semaine, l'avocat de Denis Baupin a contrattaqué, révélant des SMS envoyés par ses accusatrices qui pour lui démontrent que les femmes avec qui Denis Baupin échangeait étaient consentantes. Une version qu'avait aussi livré Denis Baupin à François de Rugy au téléphone.

"Il nous a dit, 'moi je considère que je n'ai rien à me reprocher parce que ce sont des échanges réciproques entre personnes consentantes'. Ce n'est pas la même interprétation qu'ont ces personnes. Je ne suis pas en mesure de juger", admet le député. 

François de Rugy qui a remplacé Denis Baupin à la vice-présidence de l'Assemblée nationale après sa démission appelle à la prudence autour de cette affaire, dans laquelle Denis Baupin est encore présumé innocent. Sur les appels à la démission de Denis Baupin de son poste de député, François de Rugy est circonspect. "Si jamais l'enquête amenait à ce qu'il n'y ait aucune condamnation, il aurait fallu qu'il ne soit plus député sur la base simplement d'accusations qui ne sont pas confirmées".

Carole Blanchard avec les Grandes Gueules