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Déclarations de Macron sur la colonisation en Algérie, "il a raison, c’est un crime contre l’humanité"

En voyage en Algérie mardi, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de "crime contre l’humanité" et de "vraie barbarie", dans une interview à la chaîne algérienne Echorouk TV. Pour la Grande Gueule Karim Zéribi, le candidat à la présidentielle, a raison de parler de crime contre l'humanité.

Emmanuel Macron provoque un tollé à droite et à l’extrême droite. Après avoir parlé "d’éléments de civilisation" dans la colonisation, l’ancien ministre de l’Economie a déclaré que la présence française en Algérie était "un crime contre l’humanité." C’est lors d’une interview à la télévision algérienne Echorouk TV qu’il a ajouté que la France devait présenter des excuses. Une déclaration forte du candidat à la présidentielle que partage la Grande Gueule Karim Zéribi.

"Je crois que c’est un crime contre l’humanité. Honnêtement, le bafouement des droits de l’Homme et des droits les plus élémentaires dans un territoire que l’on est allé conquérir, fait que c’est un crime contre l’humanité. Les Algériens n’étaient pas des citoyens, n’étaient pas considérés comme tels. Même après le décret Crémieux, ou la France avait décidé en Algérie de considérer les juifs comme des citoyens, les musulmans, les Algériens ne l’étaient pas. Ils étaient toujours parqués au rang d’indigène" explique-t-il. 

La Grande Gueule ne souhaite pas en revanche présenter des excuses en permanence. Selon lui, il n'est pas responsable du passé de la France. "Mais est-ce que le dire m’amène à dire aujourd’hui qu’il faut présenter des excuses en permanence lorsque nous évoquons ce sujet? Bien entendu que non. Est-ce que le dire va me faire dire que les pieds-noirs étaient de méchants colons? Mais non, la réalité n’est pas celle-là!" 

Pour Karim Zéribi, les généralités sont dangereuses et parler de "crime contre l'humanité" ne veut pas dire condamner tous les Français qui vivaient en Algérie. "Moi je connais énormément de pieds-noirs qui vivaient en Algérie en considérant les Algériens. Je vais régulièrement en Algérie pour accompagner des entreprises françaises pour nouer une relation entre les deux pays. Je vois des Algériens d’une ancienne génération qui ont 70 ans, qui me disent: ‘pour ce qui est de mon cas, nous vivions bien avec les pieds-noirs, il y avait des pieds-noirs qui respectaient les Algériens.’ Après c’est le régime politique qui est condamnable."

Les Grandes Gueules avec A. B.