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"Des étudiants qui ont fait 5 ans d'études, vivent encore aujourd'hui dans des studios": dénonce l'économiste Thomas Porcher

Le pouvoir d'achat est au cœur de la campagne électorale. Ce qui tombe bien puisque bon nombre de Français estiment ne pas être assez payés. En France, les classes moyennes touchent entre 1 500 à 2 800 euros net mensuel et 20% des salariés gagneraient entre 1 800 et 2 200 euros net par mois.

Ce sera sans doute un des sujets principaux de la campagne avant la présidentielle de 2022, la question des salaires. Salariés, chômeurs, étudiants et retraités ont manifesté mardi dans toute la France pour exiger des "réponses urgentes. Plus de 160.000 personnes ont manifesté à travers toute la France dans près de 200 rassemblements, a affirmé la CGT dans un communiqué.

"On ne va pas attendre le lendemain de l'élection présidentielle pour augmenter les salaires", a résumé avant le départ le leader de la CGT, Philippe Martinez, qui avait réclamé la veille des "réponses urgentes". "Il y a un problème de salaires dans ce pays", a-t-il insisté, rappelant que son syndicat réclamait une hausse de 20% du Smic.

Dans les “Grandes Gueules”, ce mercredi, le professeur d’économie, Thomas Porcher, a reconnu qu’il y a depuis plusieurs années, un problème avec les salaires en France. Il a notamment pris l’exemple des jeunes actifs qui sortent d’école.

“Le déclassement touche beaucoup de métier. Par exemple, les Bac +5 commencent à environ 40.000 euros annuels. Pour les étudiants qui sortent d’une école de commerce, 80 à 90% des diplômés trouvent leur premier emploi en Île-de-France. Donc avec net d’impôts 2300 à 2500 euros par mois, ils vivent dans un studio. Ils ont fait cinq ans d’études et ils vivent dans un studio. Alors vous pouvez leur dire, vous êtes dans les 15% des mieux rémunérés de France, il ne le voit pas”, assure-t-il.

Une revalorisation à venir?

Il estime qu’aujourd’hui la question de l’augmentation des salaires devient primordiale au point quelle est même porter par les syndicats de patrons. 

“Tout le monde se rend compte que le salaire ce n’est pas qu’un coût. C’est aussi un débouché pour l’entreprise. Si vous avez plus de salaires ça profite à qui en premier ? À la restauration, aux PME. Et donc il y a une vraie question aujourd’hui sur les bas salaires. Mais comme toutes les aides, les baisses de charges se concentrent sur les bas salaires, ça insiste les entreprises à ne pas les augmenter”, appuie-t-il.

Thomas Porcher espère que ces bas salaires seront déjà revalorisés avec l’inflation. Cependant, il doute que malgré cette revalorisation, les personnes voient une vraie différence au niveau de leur pouvoir d’achat. 

Guillaume Descours