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Fatima Aït Bounoua à Alain Finkielkraut: "Un accent beur ? Quel accent beur?"

Le philosophe Alain Finkielkraut était l'invité des Grandes Gueules sur RMC, ce mardi. Il a été interpellé par Fatima Aït Bounoua, prof de français dans un collège de banlieue, sur son terme d'accent "beur", qui ne correspond pas à la réalité selon elle.

Alain Finkielkraut n'est pas venu pour rien dans les Grandes Gueules sur RMC, ce mardi. Il est reparti avec un paquet de biscuits "Petit beurre". C'est la Grande Gueule Fatima Aït Bounoua, professeur de français dans un collège de Seine-Saint-Denis, qui lui a offert. Un clin d'œil pour dénoncer le terme de "beur" utilisé par le philosophe lors d'une conférence. "Vous avez parlé un jour d'accent 'beur'. Moi les seuls 'beurs' que je connais, ce sont ceux-là", a lancé Fatima Aït Bounoua à Alain Finkielkraut, qui s'est empressé de se justifier.

"Ce mot de 'beur', ce n'est pas moi qui l'ai inventé. En 1984, il y a eu la Marche des beurs. Un terme inventé par les journalistes mais revendiqué par ses participants. Puis il y eu un rejet de ce terme par un nombre important d'enfants et de petit-fils d'immigrés en voie de ré-islamisation, qui considère que tout ça est lié à SOS racisme et à l'Union des étudiants juifs de français, et donc qui ne veulent rien avoir à faire avec les beurs", explique le philosophe.

"Je m'étonne qu'un accent soit transmis de génération en génération"

Voilà pour l'historique. Quant à "l'accent beur", qu'a voulu dire Alain Finkielkraut ? "Moi je m'inquiétais d'un phénomène tout à fait perceptible et audible: le fait que des enfants de la 2e ou 3e génération aient aujourd'hui un dialecte et un accent très fort. Je me disais c'est sans doute un obstacle à l'intégration et c'est très inédit dans l'histoire de l'immigration. Mes parents avaient un accent polonais très fort, et ils ont fait en sorte que je n'en ai pas", explique l'académicien. "Je m'étonne qu'un accent soit transmis de génération en génération alors qu'il est un obstacle à l'insertion professionnelle, donc je le fais du point de vue de l'intérêt de ces jeunes", assure-t-il.

"Plutôt un langage de banlieue"

"Mais ce n'est pas un accent beur ", lui a rétorqué Fatima Aït Bounoua, qui a habitude d'entendre cet accent puisqu'elle officie dans un collège de banlieue parisienne. "Cette définition ne correspond pas au réel. J'ai des élèves asiatiques qui l'utilisent. Ce ne sont pas que les enfants d'origine maghrébine qui vont parler comme ça. C'est plutôt un langage de banlieue".

Philippe Gril avec les GG