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Faut-il imposer la castration chimique pour les violeurs?

Laurent Wauquiez veut que les personnes inscrites sur les fichiers de délinquants sexuels soient castrées chimiquement ou maintenues en détention. Est-ce réalisable ?

Le meurtre de la petite Angélique a conduit le président des Républicains Laurent Wauquiez a souhaité relancer le débat sur la castration chimique des violeurs. Le leader de la droite s'est prononcé pour la "castration chimique" des "prédateurs sexuels", après le meurtre d'une adolescente de 13 ans par un homme inscrit au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles.

David R., 45 ans, a été mis en examen et placé en détention provisoire dans la nuit de lundi à mardi pour la séquestration, le viol et le meurtre à Wambrechies près de Lille, d'Angélique, 13 ans. Il avait été condamné en 1996 pour "viol avec arme sur mineure de moins de 15 ans", "attentats à la pudeur aggravés" et "vol avec violence" et inscrit au fichier.

"Faire en sorte qu’ils soient moins obsédés par leurs problématiques psycho-sexuelles"

Invité des Grandes Gueules ce jeudi, Roland Coutanceau psychiatre et criminologue est venu préciser le rôle de ces médicaments anti-androgènes qui causent cette “castration chimique”, rappelant que son utilisation est déjà autorisée par la loi dans certains cas.

"C’est le fait de donner à certains auteurs d’agressions sexuelles un traitement qui va diminuer la production fantasmatique, de faire en sorte qu’ils soient moins moins préoccupés, moins obsédés par leurs problématiques psycho-sexuelles."

"On le prescrit déjà pour 15% des agresseurs sexuels"

Mais peut-on étendre son application à tous les prédateurs sexuels ?

"Dans d’autres pays, des hommes politiques ont été tentés par cette proposition un peu musclée. Mais, concrètement, sur les agressions sur adultes, on ne va pas mettre tous ces gens sous castration chimique regardez ce que ça représente. Sur certains agresseurs de mineurs, on prescrit déjà pour 15% d’entre eux ce traitement. Pour les autres on pense simplement que ce n’est pas utiles pour eux.”

Roland Coutanceau rappelle également que dans tous les pays démocratiques du monde, il faut que la personne soit informée, car il y a des effets secondaires, et que la personne l’accepte. 

"Même en France, certains juges proposent une sorte de “deal” ou même un “chantage” à des délinquants sexuels, leur proposant de sortir de prison s’ils acceptent le traitement anti-androgène. Mais dans un aucun pays du monde il y a une mécanicité de la loi qui fait que ce soit prescrit de manière automatique."
J.A. avec les GG