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Faut-il réécrire les oeuvres de Molière pour les rendre plus accessibles?

Une publication sur les réseaux sociaux laisse penser que si certaines pièces de Molière vont être réécrites, c'est parce que la langue utilisée est "devenue trop ardue pour les écoliers".

C’est une initiative qui fait beaucoup parler depuis quelques jours. “10 sur 10 de Drameducation”, le centre international de théâtre francophone en Pologne, a appelé des jeunes auteurs à réécrire les pièces de théâtre de Molière pour les rendre plus accessibles aux jeunes. Une initiative qui a poussé certains à s'interroger sur la nécessité de réécrire ces pièces et qui a échauffé les admirateurs du dramaturge français.

Les "Grandes Gueules" se sont d’ailleurs interrogées sur la nécessité de réécrire ces œuvres. Zohra Bitan ne comprend pas cette initiative. 

“Qu’ils veulent réécrire quelque chose qui ressemble à du Molière en le transposant à notre société, pourquoi pas. Mais réécrire du Molière… C’est une espèce d’humiliation permanente qui consiste à considérer que quand on vient d’un milieu qui n’est pas privilégié, on est incapable. Qu’on est incapable au beau, à l’art, à la musique, à l’opéra… et donc il faut toujours qu’on adapte des choses pour les pauvres”, indique-t-elle.

Un langage très soutenu

Pour Isabelle Saporta, éditrice, ce n’est pas le texte qu’il faut changer, mais faire un travail de recontextualisation pour expliquer l’humour. 

“C’est ça l’éducation, c’est ça la culture. C’est ça le rôle de l’enseignement. Il faut qu’on pousse les gens vers le haut plutôt que vers le bas. C’est vrai que Molière, c’est un langage très soutenu, mais dans ce cas-là, on fait pareil pour les Fables de La Fontaine”, indique-t-elle. 
Guillaume Descours