RMC

Faut-il supprimer les boîtes aux lettres de la Poste?

La Cour des comptes estime que la baisse annoncée du volume des lettres échangées devrait pousser la Poste a supprimer une partie de ses boîtes aux lettres.

Avec les progrès technologiques, les lettres manuscrites disparaissent de plus en en plus. Le nombre de lettres envoyées pourrait passer de 9 à 5 milliards entre 2018 et 2025.

Conséquence, la Poste pourrait être amenée à supprimer une partie de ses 131.276 boîtes aux lettres de rue, comme demandée par la cour des Comptes. Un bon moyen pour réduire les dépenses publiques alors que le dernier rapport pointe du doigt la "dette préoccupante" de la France.

L’entretien des boîtes et les tournées à rallonge des facteurs coûteraient trop cher alors que l’envoi de courrier numériques a pris l’avantage sur les lettres manuscrites.

Une décision qui attriste Elina Dumont:

"J’adore écrire des cartes postales je trouve cela très humain et les gens m’en remercie. J’en envoie régulièrement comme aux anniversaires ou le jour de l’an et les gens sont tous contents d’en recevoir, ça change d’avoir une lettre de la banque ou de la CAF (...) Je connais encore pleins de gens qui envoient leurs papiers liés à l'électricité par la poste", assure-t-elle ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules".

"On reçoit dix fois moins de lettres par la poste et dix fois plus de courriels"

Gilles-William Goldnadel, qui promet être nostalgique des boîtes aux lettres à cependant moins d'états d'âme:

"Je suis très sensible au charme suranné que vante Elina Dumont", assure l'avocat. "Cela étant, force est de constater qu'en ce qui concerne mon cabinet, on reçoit dix fois moins de lettres par la poste et dix fois plus de courriels et j'en envoie dix fois moins", constate-t-il, assurant que La Poste reste une entreprise étatique "qui marche bien". Autre problème, la suppression des boîtes aux lettres.

Pour Jacques Maillot, ces suppressions doivent être prises en prenant compte les disparités territoriales de la France:

"Ce genre de décision est un problème d'aménagement du territoire. Il faut que ce soit fait avec les collectivités territoriales. Il ne faut pas une position de grande métropole, il faut aussi voir ce que cela implique pour les zones rurales", estime-t-il.
Guillaume Dussourt