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Fin du chômage partiel et redémarrage de l'économie: "La Chine a repris le travail depuis un mois, on va se faire bouffer"

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A partir du mois de juin, l'Etat va baisser sa part de prise en charge du chômage partiel. Une mesure qui intervient alors que le déconfinement se poursuit et qui devrait permettre un redémarrage de l'économie, en berne pendant l'épidémie de covid-19.

Le monde d'après entame son retour vers l'économie d'avant. Le ministère du Travail a annoncé lundi les prémices de son désengagement dans le chômage partiel. A partir du 1er juin, la prise en charge de l'activité partielle par l'Etat et l'Unédic passera de 100 à 85% de l'indemnité versée au salarié. Un retour à la normale qui s'amorce alors que le déconfinement a été engagé le 11 mai dernier et que l'épidémie de coronavirus semble se tasser.

Place au monde d'après donc, et à une récession économique que beaucoup envisagent alors que la période de déconfinement seule, devrait coûter trois points de PIB à la France: "Il va y avoir du chômage, moins de cotisation et une politique d’austérité. Je comprends que le gouvernement se désengage dans la mesure que certaines entreprises repartent mais c’est illusoire. Il va y avoir des augmentations d’impôts", craint l'autoentrepreneuse Joelle Dago-Serry sur le plateau des "Grandes Gueules" ce mardi.

Pour Didier Giraud, il était important d'annoncer un désengagement de l'Etat sur le chômage partiel afin de forcer un retour au travail et un redémarrage de l'économie: "Je ne comprends pas ce pays où l'on fait encore perdurer du chômage partiel ou total ou l’on maintient des gens dans l’inactivité alors qu’il faut que ça redémarre. Il faut qu’on arrête d’avoir peur.

"La Chine est en train de cartonner à mort"

"On met deux heures pour fermer tous les restaurants de France et on met six mois pour les rouvrir ? Comment ils vont s’en sortir avec 50% de son chiffre d’affaires et toutes ses charges ?", ajoute-t-il alors qu'aucune date de réouverture n'est prévue pour les cafés et restaurants des zones rouges.

Et le redémarrage de l'économie devrait être une priorité pour Etienne Liebig, alors que la Chine, épicentre de l'épidémie, a déjà relancé son économie: "La France n’est pas le seul pays à être dans une merde incommensurable. La Chine a repris le taff depuis un mois et demi, elle est en train de cartonner à mort! Tout ce que l’on reprochait à la mondialisation notamment la Chine qui nous avalait, va être multiplié, on va se faire bouffer par les Chinois!", craint-il.

Au plus fort de l'épidémie et du confinement, le chômage partiel a concerné 12,7 millions de Français, travaillant dans près de 800.000 entreprises.

Guillaume Dussourt