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"Gilets jaunes": les leçons du général Pierre de Villiers à Emmanuel Macron

Le général Pierre de Villiers était l'invité des Grandes Gueules ce mercredi et a profité de l'occasion pour distiller, sans le nommer, quelques piques et conseils au président de la République concernant la gestion du mouvement des "gilets jaunes".

La situation est tendue en France depuis le début du mouvement des "gilets jaunes". Le gouvernement tente de gérer la crise et déplore la "radicalisation" des manifestations après quatre jour d'actions ciblant notamment autoroutes et dépôts pétroliers mardi.

Les forces de l'ordre se sont employées à libérer l'accès à des dépôts et péages dans plusieurs régions, dans un climat parfois tendu, la Réunion étant notamment dans une situation explosive. Une vingtaine de sites "stratégiques" ont ainsi été débloqués dans la journée, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Le bilan est lourd pour une simple manifestation de mécontentement. Un motard, blessé lundi dans la Drôme dans une collision avec une camionnette qui manoeuvrait pour éviter un barrage, est décédé mardi. C'est le deuxième décès enregistré après celui samedi d'une manifestante renversée par une automobiliste en Savoie.

Au moins 530 personnes ont également été blessées, dont 17 gravement, depuis le début de cette mobilisation qui a essaimé hors de tout cadre syndical ou politique.

"L’autorité, c’est faire grandir, ce n’est pas une pression que l’on exerce du sommet à la base"

Le général Pierre de Villiers, ancien chef d'Etat major des armées, était l'invité du Grand Oral des Grandes Gueules ce mercredi à l'occasion de la sorite de son livre Qu'est-ce qu'un chef? (éd. Fayard). Il a profité de l'occasion pour distiller, sans le nommer, quelques leçons de pouvoir au chef de l'Etat concernant la gestion de la crise des gilets jaunes.

"C’est un mouvement qui émane de la nation dans sa profondeur. Il faut l’écouter. Dans mon livre, j’explique que le bon chef, c’est celui qui sait prendre des décisions, qui est exemplaire, qui donne la direction. Mais c’est d’abord celui qui écoute" 

Il précise: "L’autorité, c’est faire grandir, ce n’est pas une pression que l’on exerce du sommet à la base. C’est un échange d’amitié, d’amour entre celui qui dirige et celui qui exécute. On a le bénéfice de cette autorité d’adhésion très vite, car les solutions arrivent par la base. Il faut les écouter et les entendre. Ca fait partie de l’autorité. Après le chef décide, le chef commande".

"La fermeté fait aussi partie de l’autorité car sinon c’est très vite l’anarchie. mais je crois qu’il faut savoir entendre les signaux faibles". Le chef d'Etat major assure qu'il a appliqué ces principes durant sa carrière et estime qu'il faut restaurer la confiance entre le peuple et ses dirigeants, constatant que le président de la République concède lui-même qu'il n'y arrive pas.

"Il faut restaurer la confiance entre ceux qui dirigent et ceux qui essaient de comprendre ce qui se passe"

"Moi j’ai toujours été dans ma carrière à l’écoute de mes subordonnés, de mes équipes, c’est comme ça que je me construis progressivement. J’ai compris que mes bonnes idées étaient d’abord chez les autres" détaille-t-il. 

"Il faut restaurer la confiance, C’est le mot-clé, la confiance. Confiance entre ceux qui dirigent et ceux qui essaient de comprendre ce qui se passe. Le président de la République a dit dans une interview sur le porte-avions Charles-De-Gaulle qu’il a pas réussi à réconcilier les Français avec les dirigeants. Cette confiance il est urgent de la rétablir."

Malgré ces petites leçons de pouvoir, Pierre de Villiers se défend de toute attaque personnelle et dit qu'il préfère "rester au dessus de la mêlée". 

"J’évite de personnaliser, les gens qui viennent me demander de dédicacer le livre me disent qu’ils apprécient que je sois au dessus de la mêlée et qu’avec moi, il n’y ait pas de polémique."
J.A. avec les GG