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Gilets noirs: Les gouvernements conservent délibérément cette main d'oeuvre corvéable à merci

Jean-Claude Amara, porte-parole de l’association "droits devant", détaille les revendications des "gilets noirs", ces sans-papiers qui ont investi le Panthéon vendredi et qui réclament la régularisation de leur situation.

Plusieurs centaines de sans-papiers ont brièvement occupé le Panthéon à Paris vendredi après-midi pour réclamer leur régularisation et un rendez-vous avec le Premier ministre Edouard Philippe. Environ 700 migrants et leurs soutiens avaient investi les lieux à la mi-journée, à l'initiative des collectifs "gilets noirs" et "La Chapelle debout", qui soutiennent les sans-papiers.

"La France est un État de droit, dans tout ce que cela implique: respect des règles qui s'appliquent au droit au séjour, respect des monuments publics et de la mémoire qu'ils représentent", a expliqué le Premier ministre Edouard Philippe dans un communiqué. Trente-sept personnes ont été interpellées "suite à des vérifications d'identité". Des personnes venues à l'extérieur du Panthéon apporter leur soutien l'opération ont dénoncé "une rafle".

"La circulaire Valls ne permet de régulariser que les sans-papiers qui ont des fiches de paye"

Les forces de l'ordre ont procédé à des charges et des tirs de gaz lacrymogènes pour repousser les soutiens et migrants les plus véhéments. Dans un communiqué diffusé en début d'après-midi, les occupants se présentaient comme "des sans-papiers, des sans-voix, des sans-visages pour la République française" demandant "papiers et logements pour toutes et tous". 

Jean-Claude Amara, porte-parole de l’association “droits devant” qui soutient cette opération de communication se défend de toute instrumentalisation politique ce lundi matin sur RMC dans Les Grandes Gueules. "Ce n’est pas nous qui organisons, il ne faut pas prendre les sans-papiers pour des petits objets", assure-t-il.

"Pourquoi des gouvernements à répétition conservent-ils délibérément depuis des dizaines d'années cette main d'oeuvre corvéable à merci et qui fait le bonheur de l'économie française? La circulaire Valls permet de régulariser les sans-papiers qui ont des fiches de paye, mais laisse de côté la centaine de milliers de sans-papiers qui aujourd'hui sont obligés de travailler au noir. (...)
Le patronnant voyou doit disparaître. Or pour cela, il faut que ces travailleurs soient régularisés, pour qu'ils soient embauchés. Le trou de l'Urssaf est grande partie dû à ces patrons qui se dédouanent de l'endroit en embauchant des sans-papiers et ne payant ainsi pas leurs cotisations patronales."
James Abbott