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Hausse du prix des péages: "On ne peut pas continuer à tondre la bête"

Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux transports, prépare un plan d’un milliard d’euros pour améliorer le réseau routier, qui sera financé par une hausse des tarifs des péages.

L’information, dévoilée dans le JDD, a fait bondir les usagers des autoroutes. L’augmentation "sera comprise entre 0,3% et 0,4% par an entre 2018 et 2020", indique Alain Vidalies. Invité des Grandes Gueules lundi, Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes.

"Il y a deux ans, on a essayé d’obtenir le gel du tarif des péages. On était les seuls à dire qu’on allait l’obtenir, et on a réussi. Ne vous inquiétez pas on va y arriver. Le seul moyen c’est de faire comprendre à Alain Vidalies et au président de la République, qui a validé cette hausse, qu’ils sont dans le suicide politique. Dans quelques semaines il y a la primaire et François Hollande a déjà validé cette hausse.

"Le téléphone sonne en permanence, et ça hurle"

Le gouvernement s’est dit que les hausses allaient intervenir à partir de 2018, donc après les élections. Ça ne se verra pas. En France, on a tendance à sous-estimer l’influence du vote automobiliste. On n’a jamais fait un sondage qui dirait "En cas de hausse des péages, est-ce que ça influencerait votre vote". Ou alors "l’augmentation du nombre de radars, est-ce que ça influence votre vote?". Est-ce que l’automobiliste a de l’influence en France? A 40 millions d’automobilistes, le téléphone sonne en permanence ce matin. Et ça hurle. Cette hausse du tarif des péages elle ne passe pas!

"On oublie que derrière il y aura une sanction politique"

On ne peut pas continuer à tondre la bête sans arrêt. Parce que là il n’y a plus rien à tondre sur l’automobiliste. On roule par obligation. L’automobiliste, il ne prend pas sa voiture – et donc ne dépense pas d’argent - juste pour le plaisir. Le souci c’est qu’on continue à taxer, taxer, et taxer… Et on oublie que derrière il y aura une sanction politique. Et cette sanction politique, elle interviendra au moment de l’élection. On va interroger tous les candidats à la présidentielle avec un sondage qui portera sur la sécurité routière, sur la mobilité. Je peux vous dire qu’on ne va pas oublier de demander aux candidats ce qu’ils comptent faire sur les tarifs des péages quand ils vont être élus."