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Hausse du tarif de l'électricité: l'UFC-Que Choisir prête à saisir le Conseil d'Etat

L'association de défense des consommateurs (CLCV) et l'UFC-Que Choisir ont adressé vendredi une lettre ouverte au président de la République pour lui demander d'empêcher la hausse de 5,9% du tarif réglementé de l'électricité prévue cet été.

En pleine crise des "gilets jaunes", les tarifs réglementés de l'électricité avaient été gelés par le gouvernement. Ils devraient donc repartir à la hausse cet été. Une hausse de 5,9% selon une proposition de la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

Mais la CLCV et l'UFC-Que Choisir, deux associations de défense des consommateurs contestent cette hausse et ont même adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron ce vendredi pour lui demander d'empêcher cette hausse.

"Très fragile juridiquement"

Les deux associations estiment que cette hausse est contestable:

"La décision de la commission de régulation de l'énergie est quand même très fragile juridiquement. Il y a des règles qui doivent dicter l'augmentation du tarif réglementé de vente et la Commission a été bien au-delà des règles imposées par la loi. En théorie, la hausse doit seulement refléter les coûts subis par EDF mais là on voit que cela va entrainer une hausse de la marge réalisée par EDF de l'ordre de 87%. Donc il y a un problème de légalité et on ne comprend pas pourquoi le gouvernement fait litière de l'avis de l'Autorité de la concurrence –qui conteste également cette hausse, ndlr-", a expliqué Antoine Autier, responsable des études UFC-Que Choisir ce vendredi chez les GG.

Antoine Autier assure que les deux associations sont prêtes à aller plus loin si la hausse était validée: "Si c'était le cas, nous l'attaquerions devant le Conseil d'état". Elles demandent plus largement à l'exécutif des mesures fiscales pour faire baisser la facture électrique des ménages et augmenter le pouvoir d'achat.

Fin janvier, le ministère de la Transition écologique avait indiqué qu'il utiliserait le délai légal de trois mois dont il dispose, soit jusqu'au 1er juin, pour se prononcer sur la proposition du gendarme du secteur.

Paulina Benavente