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"Il faudra un jour se poser la question du préfet Lallemand": Marie-Anne Soubré met en cause le préfet de police après les violences lors d'une manifestation féministe

Une marche féministe a eu lieu à Paris dimanche. Les militantes ont exprimé leur extrémisme au gré de slogans. La manifestation s'est terminée par des heurts avec la police.

Les images témoignent d’une violence indéniable. Lors de la manifestation féministes dimanche à Paris, des policiers et CRS, ont employé la force, obligeant notamment certaines femmes à entrer dans une bouche de métro.

Au total, 9 personnes ont été interpellées, dont 7 placées en garde à vue. La préfecture, n'a fait état d'"aucun blessé parmi les manifestants" et d'un policier "blessé à la tête par un jet de projectiles". La préfecture justifie l'intervention de la police, car elle affirme que les force de l'ordre ont été provoquées par la manifestantes, certaines ont aussi tenté de forcer des barrages policiers.

Mais pour l’avocate Marie-Anne Soubré, l’usage d’une telle violence est inexplicable. Elle met même directement en cause le préfet de Paris. 

"Mediapart a fait un article sur le fait qu’il y a même des commandants de gendarmerie qui commencent à s’interroger sur la façon dont le préfet Lallement donne ses instructions. À un moment il faudra se poser la question du préfet Lallement. Je suis au regret de dire à Marlène Schiappa quand elle dit ‘ah, mais vous comprenez, les femmes n’ont pas respecté le tracé’, quand tu vois les images de femmes tirées par les cheveux, qui ont été nassées dans la station République… A un moment les mecs, ils font le triple de leur poids, ils sont armés, entraînés, et quand tu vois comment ils traitent les femmes, évidemment qu’il y a de quoi être énervé", affirme l’avocate. 

Des plaintes de femmes victimes pas prises

Beaucoup ont mis en cause les slogans de ces femmes qui ont notamment pu crier, "Police assassin", "Police, violeur-assassin". Mais pour Marie-Anne Soubré qui se dit en désaccord avec la manière de dire de ces femmes, ces slogans ont tout de même un sens. 

"Tous les jours, il y a des femmes qui sont victimes de viols ou d’agressions qui veulent déposer plainte et ces plaintes ne sont pas reçues dans les commissariats. Donc quand elles viennent à la police, ‘à cause de vous on est victime’, bien sûr je n’aime pas la manière de dire mais il y a une vraie question à se poser sur le maintien de l’ordre, sur le fait qu’on ne prend pas les plaintes", dénonce l’avocate. 

Le ministre de l'Intérieur a demandé dimanche un rapport au préfet de police afin de savoir si l’emploi de la force était justifié.

Guillaume Descours