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Il faut apprendre à fermer sa bouche: le président de la Fédération hospitalière d'Ile-de-France s'en prend aux médecins alarmistes

DOCUMENT RMC - Pour Serge Blisko, invité des "Grandes Gueules" ce mardi, il faut arrêter de faire paniquer en évoquant un "tri" des malades.

Le pic de la seconde vague a été dépassé. Lundi, on recensait 4974 malades du Covid-19 en réanimation sur l'ensemble du territoire, dépassant le pic de la deuxième vague donc, atteint le 16 novembre, avec 4.903 malades du Covid-19 en réanimation. Et le taux d'occupation des services de réanimation était vendredi "d'environ 89%" dans les hôpitaux du pays.

De quoi alerter les chefs de services de réanimation. Et même en cas de confinement, il serait trop tard, prévenait lundi sur RMC Jean-Michel Constantin, chef de service anesthésie-réanimation à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris: "Dans tous les cas, le mois d'avril va être épouvantable, ça va taper très dur", assurait-il. Un constat partagé par de nombreux médecins d'Île-de-France qui dans deux tribunes distinctes dans Le JDD et Le Monde, on fait état d'une situation critique et agité le spectre du tri des patients.

Mais alors que la situation semble continuer à se dégrader, d'autres praticiens montent au créneau et déplorent cet alarmisme:

"Je ne suis pas rassuriste, je suis médecin de formation et au nom des 130 hôpitaux publics d’Île-de-France qui rassemblent tous les établissements, nous sommes mécontents de cette tribune. Elle ne vise pas à alerter sur la situation, elle vise à faire pression sur les pouvoirs publics", a lancé très remonté sur le plateau des "Grandes Gueules", Serge Blisko, président du Conseil d'administration de la Fédération hospitalière de France d'Île-de-France et ancien député.

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"Toutes les réactions que nous avons sont inquiètes ou furieuses"

"On n’a pas consulté les autres médecins et les infectiologues pour cette tribune. Tous les malades seront accueillis dans les hôpitaux. On ne fait pas une tribune en disant qu’on va trier! Cela affole les malades, les patients et les familles. Toutes les réactions que nous avons sont inquiètes ou furieuses".
"Que voulez-vous que l’opinion publique pense de ce cri d’alerte ? il faut être sérieux, compétent et professionnels et surtout fermer sa grande bouche quand on est sur le terrain. Ce sont des gens qui font pression politiquement, chacun doit balayer devant sa porte avec des moyens effectivement limités mais surtout en personnel formé", a lancé Serge Blisko très remonté.

Mais il s'accorde sur un point. Il manque de personnel dans les services de réanimation, et il est impossible d'en faire venir d'autres régions. Et pour lui, les Français qui ne respectent pas les gestes barrières et les restrictions sanitaires, seraient en grande partie responsables de la situation. 

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Guillaume Dussourt