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"Il n'y a pas de petit candidat pour l'élection présidentielle", estime Rama Yade

Rama Yade, candidate à la présidence de la République

Rama Yade, candidate à la présidence de la République - Capture RMC

Rama Yade était l'invitée des Grandes Gueules ce vendredi sur RMC. La candidate à la présidence de la République a tenu à rappeler sa légitimité: elle n'est pas "un perdreau de l'année".

Rama Yade, candidate à la présidence de la République, était l'invitée des Grandes Gueules ce vendredi sur RMC. L'ancienne secrétaire d'Etat des Droits de l'homme puis des Sports a évoqué sa future course à l'Elysée.

"J'ai un parti, qui s'appelle La France qui ose, et qui rassemble cinq mouvements politiques, 50.000 partisans et 102 comités départementaux. Il n'y a pas de petit candidat pour la présidentielle. Et quand on prend la décision d'être candidat à l'élection présidentielle de la France, c'est une décision mûrement réfléchie, préparée. Evidemment pas avec les moyens des grands partis, mais les grands partis sont aujourd'hui discrédités, je ne vois pas quel est le résultat de leur politique depuis trente ans."

L'ancienne conseillère régionale d'Ile-de-France a dénoncé le système politique actuel. "On réélit les mêmes, la confrontation qui s'annonce dans un scénario très bien écrit risque d'opposer deux anciens présidents, deux anciens Premiers ministre ou la famille Le Pen. Mais quel choix donne-t-on aux Français? Qu'est-ce que c'est que cette démocratie bloquée où on est obligé de voter par défaut pour les mêmes? Vous me regardez comme un petit candidat, mais laissez les Français faire leur choix, laissez les Français s'exprimer."

"Il faut rebâtir une nation"

Rama Yade, ex-membre de l'UMP et du Parti Radical - définitivement exclue de celui-ci en octobre - a plaidé pour un renouveau à la tête de l'Etat. "Notre démocratie politique est bloquée, il n'y a pas d'imagination au pouvoir. On ne peut pas, avec les mêmes hommes, remettre les mêmes recettes en permanence."

Elle a également détaillé les qualités qu'elle estime nécessaires à un ou une future présidente de la République.

"Il faut avoir une vision pour le pays. La question fondamentale qui est posée c'est: où va la France. Notre pays est fracturé en plusieurs morceaux: vous avez la France des vainqueurs de la mondialisation qui sont à l’aise dedans, qui en connaissent les règles. La France des classes moyennes insécurisées, fragilisées. La France radicalisée, ethnicisée, voire sécessionniste. Mais aussi une France qui vote de plus en plus Front national. Et au-dessus vous avez une jeunesse prête à basculer, hors système et qui n'aime même plus la démocratie. Il faut avoir une vision ambitieuse qui est celle de rebâtir une nation."

"Je ne suis pas un perdreau de l'année"

Rama Yade, diplômée de Sciences Po Paris, a tenu à rappeler son parcours, forte de ses expériences passées. "Je suis en politique depuis dix ans, je ne débarque pas. J'ai été membre du gouvernement à deux reprises, j'ai été ambassadeur de France, j'ai représenté notre pays aux Nations unies, j'ai été dans toutes les instances européennes, je ne suis pas un perdreau de l'année."

Et a estimé être tout aussi légitime pour briguer l'Elysée que les ténors de la classe politique.

"Il est important que la voix de ceux qui se pensent sacrifiés de la démocratie, invisibles de la République puissent s'exprimer. Si vous pensez que seuls sont légitimes ceux qui sont énarques, ceux qui ont occupé vingt fois les postes ministériels, eh bien vous vous trompez."
C.H.A.