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"Il y a toujours des gens pour prendre ça au premier degré": le regret de Laurent Baffie sur l'humour à la télévision

"Le guide de la repartie" de Laurent Baffie est sorti et il est venu ce jeudi pour parler de ce sujet. Selon lui, on ne peut plus tellement rire de tout à la télé. Alors comment avoir de la bonne répartie ?

C’est une question qui se pose souvent: peut-on rire de tout? Sans doute. Mais peut-on rire de tout à la télévision? C’est peut-être un autre débat. Nombreux sont ceux qui ont fait la blague ou la vanne qui a "ruiné leur carrière”.

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Car en effet, certains humoristes font plus dans la blague bien lourde, que dans le raffinement. C’est le cas notamment de Laurent Baffie, qui a pendant des années dans l’émission “Salut les Terriens”, usé de sa répartie légendaire pour faire rire, ciblant notamment les invités de l’émission.

Invité de l’émission “Les Grandes Gueules” ce jeudi, il le reconnaît lui-même. 

“Il y a peut-être un problème générationnel. Les gens comme Bigard ou moi, on fait partie des vieux comiques graveleux et on est peut-être un peu has-been”, explique-t-il.

Il cite en exemple le sketch, “Le lâcher de salopes”, de Bigard qu’il a co-écrit et affirme que ce sketch ne pourrait plus être fait à la télé, car on croirait que c’est un sketch misogyne alors que, selon lui, il dénonce justement la misogynie. “Coluche a été accusé d’encourager le racisme, Guy Bedos a eu le même procès d'intention alors que chaque fois, c’est l’inverse. Mais il y a toujours des gens pour prendre ça au premier degré”, assure-t-il.

Il assure d'ailleurs être de moins en moins invité pour des émissions en direct car "c'est dangereux".

"La misogynie, un sujet qui me tient à coeur"

Aujourd’hui, il revient avec un nouveau spectacle “Soupe Miso”, qui parle justement de la misogynie. 

“J’aime bien être là où on ne m’attend pas et pourquoi ce sujet serait confisqué par les féministes et autres? Non, j'ai le droit de parler de la misogynie, c’est un sujet qui me tient à cœur. Et ce n’est pas parcequ’on est humoriste et qu’on a le mot ‘pute’ facile qu’on n'est pas féministe dans l’âme ce qui est mon cas”, appuie-t-il.

Il est accompagné sur scène par trois actrices et assure que dans la salle femmes comme hommes se marrent. “Ce n’est pas facile de rire de ce sujet, mais j’ai réussi à trouver des caractères à mes personnages pour faire rire et en même temps faire passer un message”, ajoute-t-il dans les “Grandes Gueules”. 

La rédaction de RMC