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Incendie d'un élevage de volailles: "Les agriculteurs se sont armés, ça va mal finir !", affirme le président des Jeunes Agriculteurs

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Après l'incendie d'une exploitation dans l'Orne, les agriculteurs ont exprimé leur ras-le-bol. Les associations réclament une réponse de l'État.

L’incendie à tout détruit. Dans l’orne, plus de 2000 m2 carrés de bâtiments agricoles destinés à l’élevage de volailles ont été détruits par un incendie à Charencey, dans l'Orne lundi soir. Au total, le préjudice lié à l’incendie est estimé entre 500.000 et un million d’euros. 

L’éleveur, Emmanuel Prévost avait confié à l’AFP être "anéanti" et avoir "tout perdu en une nuit". Sur les murs des bâtiments ont également été découvertes des inscriptions comme "assassins" ou encore "camp de la mort".

Cet acte qui a selon les associations d’agriculteurs été perpétré par des militants anti-éleveurs et anti-viande, est considéré comme le débordement de trop.

"On a le droit de ne pas être d’accord, on a le droit de vouloir convaincre. Mais on est dans une démocratie donc le débat doit s’installer. Là, on est passé à des actes qui sont irresponsables, qu’on peut considérer comme du terrorisme. On sème la peur", affirme Samuel Vandaele, président des Jeunes Agriculteurs. 

Des agriculteurs "armés"

Il précise qu’outre l’acte en lui-même, il y a également eu une violation de propriété privée, ainsi qu’une effraction. Il regrette une attaque gratuite contre cet agriculteur. 

"On veut une réponse ferme de l’État parce que ce n’est plus possible de voir ça, d’avoir des gens qui veulent à tout prix forcer les autres à manger eux, ils le font", indique-t-il. 

Et il va même plus loin affirmant que si, ce type d’actes se renouvelle, cela pourrait finir par un drame, car certains agriculteurs, exaspérés, se sont armés pour faire face aux militants extrémistes. 

Mercredi, le ministre de l’Agriculture a condamné l’incendie criminel de l’exploitation d'Emmanuel Prévost. "Je veux dire clairement la condamnation par l'État de ce genre d'actes qui sont intolérables. (…). On peut être en désaccord. On peut avoir envie de manger de la viande ou de ne pas manger de la viande. Ce n'est pas le sujet", a-t-il indiqué. 

Guillaume Descours