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"Je me suis fait convoquer plusieurs fois parce que je ne verbalisais pas assez", affirme un policier sur RMC

La mairie de Paris a inauguré ce jeudi son nouveau centre de vidéo-verbalisation qui vise à sanctionner à distance les infractions de circulation ou du stationnement. Une mesure qui ne plaît pas du tout à Anthony, policier et auditeur de RMC.

Emprunter les couloirs de bus, les pistes cyclables, refuser la priorité aux piétons, stationnement gênant… Depuis ce jeudi 4 octobre à Paris, 3.200 agents sont mobilisés pour contrôler les 1.200 caméras chargées de traquer les automobilistes et les scooters en infraction. Les agents pourront dresser jusqu'à 400 PV par jour.

"On nous demande de verbaliser toujours plus"

Alors, racket organisé ou dispositif de sécurité indispensable? Pour Anthony, policier et auditeur des Grandes Gueules, la réponse est claire.

"On nous demande de verbaliser toujours plus mais on ne nous demande pas de diminuer la criminalité ou d’arrêter les délinquants. Si on peut prendre de l’argent sur les automobilistes ils nous disent de le faire mais qui va verbaliser un piéton qui va mal traverser?"

"Il y a une sorte de carotte soit d’avancement, soit de prime"

Cette nécessité de verbaliser à tout prix éloigne de plus en plus les policiers du cœur de leur métier.

"Il y a une sorte de carotte soit d’avancement, soit de prime. Il faut faire tel nombre de verbalisation sinon vous serez convoqué dans le bureau de votre hiérarchie. Si le fonctionnaire de police n’a aucune force de caractère il va le faire, il va verbaliser. On fait le boulot des personnes qui verbalisent le stationnement on ne fait plus notre boulot. Je me suis déjà fait convoquer plusieurs fois parce que je ne verbalisais pas assez! Je ne suis pas là pour assassiner ou enlever le permis des gens pour des petites broutilles".
Les Grandes Gueules (avec C.P.)