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Jordan Bardella veut suspendre des sanctions russes: "Il se fait bien voir de Poutine"

Pour les "Grandes Gueules", l'appel de Jordan Bardella, le président par intérim du Rassemblement national, à suspendre certaines sanctions contre la Russie, est légitime étant donné que le parti d'extrême-droite doit toujours de l'argent à une banque russe proche du pouvoir.

Alors que l'hiver s'annonce rude, le président par intérim du Rassemblement national a appelé dimanche à suspendre certaines sanctions contre la Russie. "Les sanctions énergétiques prises contre la Russie sont beaucoup plus douloureuses pour le peuple français que pour la Russie, qui est aujourd'hui noyée sous le cash", a estimé Jordan Bardella sur BFMTV.

Une sortie qui a fait sourire ce mardi sur le plateau des "Grandes Gueules", sur RMC et RMC Story. "Il a des prêts à rembourser. C'est normal qu'il soit sympa avec eux. Quand mon banquier m'appelle, je suis gentil aussi", a ironisé l'entrepreneur Medhi Ghezzar, en référence au prêt accordé au Rassemblement national en 2014 par une banque russe. "Il a un conflit d'intérêt majeur dans cette affaire, donc il se fait bien voir de Vladimir Poutine", a abondé de son côté le médecin Jérôme Marty.

Deux prises de position qui ont provoqué l'ire de Barbara Lefebvre. "C'est une banque privée, vous n'avez rien compris. C'est n'importe quoi. Vous répétez le langage mille fois entendu", s'est emportée l'ancienne enseignante, avant de plaider pour moins de sanctions et l'utilisation de la voie diplomatique.

Banque sulfureuse

Dans les faits, le prêt contracté en 2014 par le RN pour financer la campagne des régionales, l'a bien été auprès d'une banque privée, la First Czech Russian Bank (FCRB), une banque qui a depuis fait faillite en 2016 après avoir vu sa licence révoquée par la banque centrale russe.

Mais cette banque est accusée d'entretenir des liens avec le Kremlin, alors que de nombreuses anciennes personnalités du KGB proches du pouvoir russe avaient été nommées à des postes-clés.

"Vous dépendez du pouvoir russe! Vous parlez à votre banquier quand vous parlez à la Russie" avait d'ailleurs lancé Emmanuel Macron à Marine Le Pen lors du débat de l'entre-deux-tours de la présidentielle. Dans la foulée, l'opposant russe Alexei Navalny avait assuré que cette banque était "une agence de blanchiment d'argent, créée à l'instigation de Poutine".

La First Czech Russian Bank est aussi soupçonnée d'entretenir des liens avec l'Iran, sous sanctions européennes et américaines. Et depuis sa faillite, ses créances ont été reprises par le groupe russe d'aéronautique Aviazapchast, sanctionné en 2020 par les Etats-Unis pour avoir exporté des armes, notamment vers la Syrie.

G.D.