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Macron accuse Le Pen de "dépendre du pouvoir russe" à cause d'un prêt contracté en 2014

Les deux candidats, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, ont débattu mercredi soir sur TF1 et France 2 avant le second tour de l'élection présidentielle. Parmi les moments de tension un échange autour des positions sur la Russie au cours duquel, le président sortant a accusé Marine Le Pen de "dépendre du pouvoir russe".

C'est l'une des passes d'armes marquantes de ce débat de l'entre deux tours. Emmanuel Macron a accusé Marine Le Pen de dépendre du pouvoir russe. Le président-candidat a fait référence au prêt contracté par le Rassemblement national auprès d'une banque russe en 2014.

"Vous parlez à votre banquier quand vous parlez de la Russie, c'est ça le problème madame Le Pen", a déclaré le président candidat au cours d'un échange tendu consacré à la guerre en Ukraine. "Monsieur Macron, c'est faux et c'est assez malhonnête", a réagi Marine Le Pen. "Je suis une femme absolument et totalement libre".

Un emprunt de plus de 9 millions d’euros nécessaire qui était nécessaire à la survie du parti dont les finances souffrent, à l'époque, des défaites concédées aux élections présidentielle puis législatives en 2012.

Il faut alors financer les campagnes électorales à venir. Mais impossible, explique Marine Le Pen, de trouver ce financement en France. Les banques refusent de prêter de l'argent à l'extrême droite. Le parti se tourne alors vers une banque russe. La First Czech Russian Bank.

Un remboursement toujours en cours

Et ce n’est pas n'importe quelle banque. C’est un établissement accusé par des opposants russes d'opérations de blanchiment d'argent, et d'être à la solde du Kremlin, aussi. Cette banque a fait faillite en 2016, mais le parti doit quand même rembourser son emprunt auprès de ses créanciers. Il est même attaqué devant la justice russe parce que des échéances n'auraient pas été versées.

En 2020, ce remboursement est rééchelonné à hauteur de 322.000 euros par trimestre jusqu'en 2028. Le Rassemblement national continue donc de rembourser cet emprunt à l’heure actuelle.

Emmanuel Macron a également a estimé que ce n'était "pas un hasard si, il y a 5 ans, la Russie était intervenue dans la campagne" de la présidentielle à son détriment. "Vous avez toujours été ambigüe sur le sujet parce que vous n'êtes pas dans une situation de puissance à puissance, que vous ne pouvez pas défendre correctement sur ce sujet les intérêts de la France parce que vos intérêts sont liés à des gens proches du pouvoir russe", a-t-il ajouté en s'adressant à son adversaire pour le second tour de dimanche.

Martin Bourdin avec Guillaume Descours