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Kerviel - Johnny Blanc : "Personne ne peut porter le chapeau pour tout le système bancaire !"

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Alors que la cour de cassation rendait son verdict sur l’Affaire Kerviel aujourd’hui, les GG ont abordé ce matin le cas de l’ex-trader. Kerviel : victime du système bancaire ? Faites-vous votre opinion !

Dans l’affaire de la Société générale, Kerviel a été condamné pour abus de confiance, introduction frauduleuse de données, faux et usage de faux. La peine était fixée à 5 ans de prison, dont trois fermes. À cela s’ajoutait aussi l’obligation de régler 4.9 milliards d’euros de dommages et intérêts.

Souvenez-vous ! En janvier 2008, La Société générale accusait Jérôme Kerviel d’être responsable des 4.82 milliards d’euros perdus. Le trader avait en effet joué avec le feu sur différents contrats en jeu. Mais, il s’est toujours défendu de l’avoir fait à l’insu de sa hiérarchie. La cour de cassation a rendu son verdict aujourd’hui : elle maintient la peine de prison, mais casse la condamnation concernant les dommages et intérêts.

Reconnait-elle ainsi la coresponsabilité de la Société Générale dans cette affaire ? La banque était-elle vraiment au courant de ces pratiques ? La hiérarchie les encourageait-elle ? C’est tout l’ambiguïté de cette affaire, que nos GG n’ont pas manqué de soulever !

Et, Johnny Blanc est en première ligne : « Une victime, je ne sais pas si c’est le mot juste, mais c’est clair qu’aujourd’hui c’est le système qui doit être remis en cause ! La banque s’est refait la cerise quand même relativement vite ! ». Et notre fromager ne manque pas d’argument à ce propos. Selon lui, « les banques ne font pas leur boulot, elles ne financent pas le monde du travail, elles ne font que de la spéculation, pour prendre du pognon à tout le monde ! » Il expose un avis assez sombre sur le système bancaire. « Au moins, cette affaire a eu le mérite de faire exploser un système et de révéler au commun des mortels comment ça fonctionnait », renchérit Johnny Blanc. Concernant la culpabilité de Kerviel, il donne son verdict : « Effectivement, je pense qu’il est un peu victime quand même ! Tu ne me feras pas croire qu’il a pu faire tout ce qu’il a fait, sans que personne ne se rende compte de rien. » Élina Dumont nuance sur ce point de vue : « il a dû se prendre au jeu aussi. »

La peine était-elle alors disproportionnée ? Nos Grandes Gueules se sont également posées la question.

La somme fixée pour les dommages et intérêts semblait colossale ! « Je pense qu’il n’a rien à faire en prison, de là à condamner un mec à 5 milliards, excuse-moi mais je ne vois pas comment on rembourse », argue Johnny Blanc. Sylvain Grandserre, notre instituteur, réfute aussi la peine de prison : « je ne suis pas trop pour que ce genre de personne, qui n’a pas atteint au physique des gens, qui n’a pas été agressive, aille en taule ! Pour moi la prison ça nous met à l’abri des personnes qui peuvent être vraiment dangereuses. Bon, lui, il peut l’être à sa façon, mais dans un univers assez pollué. Kerviel, c’est peut-être un poisson rouge ou un piranha dans un monde de requin ! » Une comparaison imagée qui n’a pas fini de faire sourire.

Pour nos GG, et en particulier pour Johnny blanc, même si Kerviel est responsable à son échelle, « une personne ne peut pas porter le chapeau pour tout le système bancaire ! »

Alors que pour Élina Dumont, la finance « c’est un jeu pour les traders», Grandserre confirme qu’il y a bel et bien « un côté Monopoly » dans ce milieu. Ce que souligne également Blanc : « Avant que le clash arrive, combien il a fait gagner à son entreprise, qui savait exactement de quelle manière il procédait ? Excuse-moi, je trouve que c’est un peu facile de crier au loup juste le jour où tu as perdu ! À ce moment-là fallait crier au loup même le jour où tu gagnais ! » Existe-t-il un conflit d’intérêts ? La question semble se poser.

Alors, certes, le système peut être qualifié de mauvais. Mais pour autant, faut-il enlever toute part de responsabilité à kerviel ? Nos GG ce sont écharpées sur ce point !

Olivier Truchot s’est révolté contre l’idée d’une absolution totale de l’ex-trader ! S’adressant à Johnny Blanc, Truchot défend le bien commun. « Mais, tu ne peux pas enlever toute responsabilité individuelle aux gens ! Le problème du « c’est le système », c’est que ça cautionne tous les agissements ! Et dans ce cas-là, il n’y a plus de coupable ! », dénonce-t-il.

Un débat à revoir en images !

La rédaction