RMC

Kouchner dans les GG : "Pour être élu il faut mentir"

Bernard Kouchner, ce lundi dans les GG.

Bernard Kouchner, ce lundi dans les GG. - RMC

L'ancien ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, est revenu ce lundi dans les Grandes Gueules sur les propos d'Emmanuel Macron sur le statut des fonctionnaires. Un sujet tabou pour les politiques qui, selon Bernard Kouchner, craignent de perdre les élections en abordant ce type de sujets.

Interrogé sur les propos d'Emmanuel Macron sur le statut des fonctionnaires, Bernard Kouchner, invité ce lundi des Grandes gueules, a estimé que le ministre de l'Économie avait eu "raison". "Emmanuel Macron a raison de mettre sur la table le sujet tabou du statut du fonctionnaire", a réagi l'ancien ministre des Affaires étrangères. Si le sujet est "tabou", c'est, explique-t-il, parce que les hommes politiques ne peuvent pas dire la vérité aux Français. 

"On promet des choses qu'on ne pourra pas tenir"

"Si on dit la vérité, on n'est pas élu. On est élu si on ment. On promet des choses qu'on ne pourra pas tenir, donc à un moment donné ça devient des mensonges, oui. On peut se défendre en disant 'je le pense et j'essayais de le faire'. Pour être élu, il faut promettre". Comme Emmanuel Macron n'a jamais eu à affronter le suffrage universel, il estime qu'il est "plus libre". Rappelant qu'"en fin de compte, ce sont les électeurs qui décident", Bernard Kouchner a appelé "à ne pas désespérer (des hommes politiques), mais leur demander d'être plus réalistes".

"Pourquoi n'allons-nous pas les chercher en avion?"

L'ancien ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy est également revenu sur le drame des migrants et des réfugiés. Bernard Kouchner, qui a fait la proposition de créer plusieurs grands centres de réfugiés pour faire "la séparation" entre "les réfugiés qui ont droit légalement à notre accueil" et les migrants économiques, et ce avant qu'ils n'atteignent l'Europe. Pour l'ancien ministre, il ne faut pas "attendre qu'il passe le crible de la mort, la Méditerranée, où on attend qu'ils meurent et là où on envoie jouer nos enfants".

Il fait également cette proposition à propos des réfugiés qui ont le droit d'être accueillis en Europe ou ailleurs : "Pourquoi n'allons-nous pas les chercher en avion ?" "Pourquoi on laisse passer ce crime inouï qui fait qu'il y a des passeurs, qu'il y a beaucoup d'argent dépensé et qu'il y a des salauds qui en profitent. Si on fait ça, on casse une partie du trafic".

Philippe Gril avec les GG