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L'Oréal a-t-il raison de supprimer les termes "blanchissant", "clair", et "blanc" de ses produits? Le débat des "Grandes Gueules"

Le journaliste Sylvère-Henry Cissé a expliqué ce lundi dans Les Grandes Gueules pourquoi les premiers pas des industries cosmétiques vers une désacralisation de la blancheur sont, selon lui, une bonne nouvelle.

"Blanc", "blanchissant", "clair"... Le groupe L'Oréal a décidé ce week-end de retirer certains mots de ses emballages de produits cosmétiques, dans un contexte mondial de manifestations anti-racistes. Une annonce qui a beaucoup fait réagir ce week-end en France chez les conservateurs.

Aux Etats-Unis, mais aussi en France, en Inde ou en Australie, les marques sont sous pression devant la colère exprimée depuis la mort fin mai de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis.

Le géant américain "Johnson and Johnson" a décidé d'aller plus loin, en interdisant cette semaine la vente de substances éclaircissantes conçues pour l'Asie et le Moyen-Orient. 

"Ca va permettre de sortir d’un fléau"

Des substances dangereuses pour la santé physique et la santé mentale selon le journaliste Sylvère-Henry Cissé, interrogé dans Les Grandes Gueules ce lundi sur RMC. Pour lui, ces premiers pas des industries cosmétiques vont dans le bon sens.

"Ca va permettre de sortir d’un fléau, le blanchiment concerne surtout les femmes à peau mate. L’image qu’on leur renvoie dans l’inconscient c’est que c’est la femme blanche qui réussit. L’usage de ces produits pour le blanchiment de la peau entraîne des effets dévastateurs, c’est extrêmement dangereux."

"Le bronzage et le blanchiment de la peau n’ont rien à voir"

Certains estiment que ces marques vont trop loin et font une démonstration à contrario que les produits bronzants ne sont pas du tout péjoratifs, mais le problème est beaucoup plus compliqué que cela pour Sylvère-Henry Cissé.

"Le bronzage et le blanchiment de la peau n’ont rien à voir. Il n’y a pas d’addiction, il n’y a pas pratique compulsive autour du bronzage qui peut s’avérer aussi dangereuse. Il y en a eu, mais beaucoup moins. C’est comme l’alcool. Ces produits utilisés normalement ne sont pas dangereux, c’est l’usage compulsif qui l'est. Et comme certains n’ont plus les moyens de s’acheter ces produits-là (des grandes marques), donc ils se tournent vers des produits distribués par des circuits mafieux dans lesquels on met de la javel et des produits décapants. Il faut faire de la pédagogie."

"Dans la série Mad Men on voit comment on fumait et buvait au travail. il faut faire le même travail que pour l'alcool et la cigarette"

Sylvère-Henry Cissé estime que c'est par l'éducation que la société peut se débarrasser de ce problème mais que ce sera progressif comme ça l'a été pour la cigarette.

"Dans la série Mad Men on voit comment on fumait et buvait au travail. On voit le travail qui a été fait en trente ans. Aujourd’hui on ne fait plus ça. Car il y a un travail qui a été fait sur les dangers de l’alcool et de la cigarette, et on doit faire la même chose. Ce sera long mais il faut faire ce travail. Et ça commence par ce terme qu’on enlève, et ensuite par la pédagogie."
J.A.