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La France cultive son complexe d'infériorité vis-à-vis de l'Allemagne

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Alors qu'on ne cesse de louer le modèle économique allemand, et que l'équipe de France de football n'a plus battu l'Allemagne en phase finale depuis 1958, les Grandes Gueules se sont demandées, à quelques heures de la demi-finale de l'Euro, si les Français ne faisaient pas de complexes d'infériorité.

L'Allemagne, l'Allemagne, toujours l'Allemagne. En France, on adore parler de nos voisins d'Outre-Rhin dont on ne cesse de vanter les réussites, que ce soit au plan économique comme footballistiques. A quelques heures de la demi-finale de l'Euro 2016 France - Allemagne au stade Vélodrome de Marseille, les Grandes Gueules se sont posées la question: ferions-nous un complexe d'infériorité ?

Pour Françoise Degois, il y a de quoi avoir des complexes avec "la succession incroyable de défaite contre les Allemands". "En règle générale, les Français ont un entrainement à la défaite face à cette Allemagne", sourit-elle. Surtout, les Français n'auraient toujours pas digéré selon elle la défaite des Bleus à Séville, en demi-finale de la Coupe du monde 1982. "Il n'y a que 37% des Allemands qui se souviennent de la demi-finale de Séville, alors que 67% des Français se souviennent de ce match qui est vraiment dans nos mémoires". Tout est dit.

"C'est un complexe que l'on cultive"

Toutefois, la Grande gueule rejette l'idée de complexe. "On a de complexe d'infériorité vis-à-vis de personne", estime-t-elle, avant d'ajouter : "Pourtant cela nous ferait du bien (d'en avoir) parfois".

"Il y a c'est vrai ce complexe d'infériorité", juge au contraire l'avocat Gilles-William Goldnadel. "Mais c'est quelque chose que l'on cultive. En France, c'est le poulidorisme". "Même si je ne considère pas l'Allemagne comme l'alpha et l'oméga de tout, je pense que sur des sujets économiques ou le syndicalisme, c'est un exemple à suivre".

"Les Français n'aiment pas l'Allemagne mais la respecte"

"Je pense qu'on peut admirer l'autre, se nourrir de ce qu'il est, de sa force, s'inspirer de ses qualités sans avoir aucun complexe, imagine Fatima Aït Bounoua. C'est stimulant plutôt que de dire qu'on a une revanche (sportive) à prendre. On fait de quelque chose de négatif quelque chose de positif".

C'est Christian Makarian, directeur délégué de la rédaction de L'Express et spécialiste de politique étrangère, qui a la formule qui résume la relation franco-allemande: "Il y a un vieil adage en diplomatie qui dit : les Allemands aiment la France mais ne la respecte pas, et les Français n'aiment pas l'Allemagne mais la respecte".

P. G.