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La grève des urgences s'intensifie: "On est face à une maltraitance institutionnelle"

Le médecin généraliste Jérôme Marty a dénoncé ce lundi dans Les Grandes Gueules la situation catastrophique des urgences en France.

La grève des urgences démarrée mi-mars touche encore près de 200 services en ce début de mois d'août, le collectif Inter-Urgences étant déterminé à "maintenir la pression". Le cas d'un septuagénaire, resté cinq jours sur un brancard aux urgences de Saint-Etienne (Loire), a mis une nouvelle fois en lumière les difficultés rencontrées aux urgences dans le pays.

En marge d'un déplacement jeudi dernier, Agnès Buzyn a déclaré qu'elle rencontrerait "tous les acteurs" de ces services "début septembre pour d'abord voir si (ses) premières mesures ont bien été mises en oeuvre (...) et voir avec eux comment mettre en oeuvre les propositions faites par le rapport" commandé en juin au député LREM Thomas Mesnier et au professeur Pierre Carli, chef du Samu de Paris.

"Ca fait des années que les personnels de santé alertent sur le fait que le Titanic coule"

Les Grandes Gueules sont revenues sur ce mouvement qui ne faiblit que très peu. Le médecin généraliste, Jérôme Marty, s'est montré particulièrement remonté contre le gouvernement qui tarde à trouver des solutions pour sortir de la crise. 

"On est face à une maltraitance institutionnelle. Ca fait des années que les personnels de santé alertent sur le fait que le Titanic coule. Ca fait des années qu’on ne nous écoute pas. Des années qu’on gère à la petite semaine une crise historique de notre système de santé. 
Le gouvernement doit prendre la mesure de la crise. Il ne l’a pas prise, ils n’ont toujours pas compris la crise. En Guadeloupe, les toits s’effondrent sur les malades. L’état de nos urgences est catastrophique. On a fermé plus de 100.000 lits depuis vingt ans. Avec un doublement des passages aux urgences car la médecine de ville s’effondre et il y a de moins en moins de médecins en activité. On a rendu cette profession tellement peu attractive qu’ils n’osent plus s’installer."

"C'est un cercle vicieux. Le système tombe !"

Jérôme Marty estime que la solution doit maintenir venir non pas du gouvernement mais de ceux qui utilisent véritablement le système de santé: patients et personnels hospitaliers.

"Les urgences ne peuvent plus traiter les problèmes car ils n’ont pas les moyens. On a des personnels épuisés qui rentrent dans un cercle vicieux. Le système tombe ! Si on ne traite pas mieux les personnels on n’arrivera à rien. Il faut traiter le problème dans son ensemble.
Le système doit être pensé et dirigés par ceux qui le font: c'est à dire les soignants et les patients. C'est pas juste un rouage de l'Etat."
James Abbott