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Le combat d'un artisan pour faire imposer le label "fabrication industrielle" aux boulangers qui ne font pas eux-mêmes leur croissant

Selon Frédéric Roy, boulanger niçois qui porte ce combat, c'est à la fois pou faire reconnaître le travail de l'artisan, mais aussi pour que le client sache ce qu'il achète.

C’est une marque de fabrique française: le croissant. Pourtant acheter sa viennoiserie dans une boulangerie ne garantit pas une fabrication artisanale. Selon la Fédération des entreprises de boulangerie, environ 80% des viennoiseries achetées dans des boulangeries-pâtisseries seraient en fait des produits industriels surgelés. 

Et pour certains boulangers, c’est intolérable. Frédéric Roy, artisan niçois, se bat contre ce phénomène depuis 2017. Il voudrait que le travail des boulangers, qui font eux-mêmes leurs viennoiseries, soit reconnu à sa juste valeur et également que les clients puissent réellement faire la différence. 

"Il y a trois ans, je me suis posé la question d’arrêter mon métier parce que c’est vrai que je commençais à en avoir marre parce que notre métier n’est plus reconnu. Mais je me suis dit non, je vais le continuer parce que je l’aime mon métier. J’ai commencé à 14 ans et aujourd’hui j’en ai 48. Je vais me battre. Donc j’avais lancé un appel en 2017 au Premier ministre pour créer un label ‘tradition’ comme pour la baguette. Je voulais qu’il y ait une équivalence pour le croissant. C’est-à-dire que je voulais ouvrir le décréta et y introduire le croissant", explique-t-il dans les Grandes Gueules. 

"Le client a aussi le droit de savoir ce qu’il achète"

Mais à l’époque, le gouvernement lui a indiqué qu’il ne souhaitait pas s’occuper de ce dossier. S’il admet avoir porté ce combat seul au départ, Frédéric Roy affirme ne plus l’être actuellement.

"On a créé une association de boulangers qui se reconnaissent dans une charte. On s’engage à fabriquer nos pains, nos viennoiseries et nos pâtisseries. Nous, artisans, on en avait marre de devoir toujours se justifier d’être des artisans. C’est l’inverse qu’il faut. Donc on veut rendre obligatoire la mention ‘industrielle’ parce que chacun doit avoir le droit de vendre ce qu’il a envie. Mais le client a aussi le droit de savoir ce qu’il achète. Or, ce n’est pas du tout le cas, aujourd’hui", indique-t-il. 

Le gouvernement a rappelé que les questions d’affichage relevaient de la réglementation européenne. 

Guillaume Descours