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Lecture du texte anti-fessée lors des mariages: "Au moins les parents seront prévenus"

L'article de loi qui interdit la gifle ou la fessée sur les enfants sera lu lors des cérémonies de mariage en mairie. Une bonne chose pour la grande gueule Sylvain Grandserre, qui rappelle que "400 à 600 enfants meurent chaque année sous les coups de leurs parents".

Pour être bien sûr que les futurs parents soient au courant, l'article 377-1 qui interdit la gifle ou la fessée sur les enfants sera lu lors des cérémonies de mariage en mairie, à l'instar des articles concernant le divorce ou l'aide mutuelle entre mari et femme. Adopté dans la nuit de vendredi à samedi, cet amendement au projet de loi "égalité et citoyenneté", dont le vote solennel est prévu ce mercredi à l'Assemblée, va désormais inscrire dans le Code civil l'interdiction de ces pratiques. Le maire ou son adjoint préviendra donc les époux qu'ils devront s'abstenir "de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles" sur leurs enfants.

"Une information donnée aux parents"

L'interdiction de la fessée et de la gifle lue en mairie ? Une bonne chose pour la Grande Gueule Sylvain Grandserre. " Je trouve cette idée très bonne. Ce n'est pas pour faire culpabiliser les gens, on les prévient juste que ce n'est pas bien. Et puis la cérémonie de mariage c'est un lieu (sic) symbolique". "Aujourd'hui, on est inondé d'infos sur comment bricoler, comment jardiner, comment changer de conjoint, comment changer de voiture… mais il n'y a rien dans les médias sur comment éduquer ses enfants. Et bien là, au moins il y aura une information", poursuit le professeur.

"Vous n'imaginez pas le nombre de personnes qui ne savent pas le B.a.-ba de l'éducation. A un moment l'Etat a un rôle dans l'éducation, sans pour autant rentrer chez les gens".

"Entre voisins ou collègues, on ne se frappe pas !"

Surtout Sylvain Grandserre rappelle "qu'en France on estime que de 400 à 600 enfants meurent chaque année sur les coups. Forcément, vous ne les entendrez pas se plaindre. La moitié des enfants de 2 ans ont déjà été frappés (giflés ou fessés), et 85% des enfants de 5 ans. Avec nos voisins, nos conjoints, nos collègues, on ne se frappe pas !". Le professeur reconnaît toutefois qu'il a déjà donné des fessées sur ses enfants ("2 ou 3 fessées durant toute l'éducation de mes filles de 19 et 17 ans"), et avoue l'avoir regretté. "Elles m'ont fait du bien sur le coup, mais elles étaient inutiles".

P. G.