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Les photographes sont des enquêteurs à leur manière: dans les coulisses de la photo de l'arrestation de Piotr Pavlenski en Une de Paris Match

Des photos et une vidéo de l’arrestation de Piotr Pavlenski, a été publiée par le magazine Paris Match. Hervé Gattegno, le directeur général du journal était l’invité des "Grandes Gueules" ce jeudi 20 février.

"Le poids des mots, le choc des photos": le nouveau numéro de Paris Match fait honneur à sa devise. On y voit en Une, une photo de Piotr Pavlenski, l’activiste à l’origine de la diffusion de vidéos à caractère sexuel ayant poussé Benjamin Griveaux à retirer sa candidature à la Mairie de Paris, menotté par des policiers. 

Comment les journalistes de Paris Match sont-ils parvenus à faire ces images? Pour Hervé Gattegno, directeur général du journal, c’est le travail "d’enquêteur" des photographes qui a primé.

"Le hasard est le dieu des journalistes mais bon, il faut l’aider un peu quand même. Les photographes de Match ont l’habitude, ça fait des décennies qu’ils font ça, ce sont des enquêteurs à leur façon. Ils ont cherché eux-mêmes à localiser Piotr Pavlenski et sa compagne, ils ont cherché à avoir une longueur d’avance sur la police. On ne parle jamais des coups de Match lorsqu’ils échouent mais là, ils ont réussi".

"Ce serait un procès assez savoureux que Monsieur Pavlenski reproche à Paris Match de faire ce qu’il a fait"

En plus de la photo en Une du magazine, Paris Match a aussi publié une vidéo de l’arrestation de Piotr Pavlenski. Vidéo, où on voit l’activiste se faire menotter et emmener par les policiers.

Une publication, qui risque pour notre avocate "grande gueule" Marie-Anne Soubret, "d’entraîner des poursuites" contre le magazine. En cause: le non-respect de la présomption d’innocence. Ce risque, Hervé Gattegno se dit prêt à le prendre.

"Monsieur Pavlenski est présumé innocent mais ce n’est pas parce qu’il est arrêté par la police qu’il ne l’est plus. Le fait de le montrer dans les journaux n’y porte pas atteinte. Il pourrait éventuellement se plaindre d’une atteinte à son image. Je ne vous cache pas que ce serait un procès assez savoureux et assez spectaculaire que Monsieur Pavlenski reproche à Paris Match de faire ce qu’il a fait avec un candidat à l’élection municipale".

"Si on nous en demande des comptes, nous irons devant la justice nous en expliquer"

C'est un fonctionnement à l’américaine que craint notre avocate. En France, l’article 803 du Code de procédure pénale réglemente le port de menottes: doit être évité autant que possible que cette scène soit "filmée ou photographiée". Ces images, publiées par le magazine sont donc "interdites" au regard de la loi, selon Marie-Anne Soubré.

"Si on nous en demande des comptes, nous irons devant la justice nous en expliquer. Quelque chose est très au-dessus de tout ça, c’est le droit à l’information. Il arrive fréquemment que Paris Match soit poursuivi pour des photos, parfois nous sommes condamnés, parfois non (…) Dans les 14 pages que nous publions, il n’y a pas que des photos, il y a une enquête très fouillée".
Les Grandes Gueules (avec C.P.)