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Macron dénonce "66 millions de procureurs": "On n'est pas à la hauteur de sa grandeur c'est ça?"

Les Grandes Gueules sont revenues ce vendredi sur la petite phrase d'Emmanuel Macron qui regrette les critiques récurrentes sur la gestion de la crise. Isabelle Saporta semble choquée.

Une (nouvelle) petite phrase qui fait couler beaucoup d'encre. Emmanuel Macron a regretté jeudi la "traque incessante de l'erreur" en France, devenue "une nation de 66 millions de procureurs", suscitant des réactions grinçantes dans la classe politique.

Dans une allusion aux nombreuses critiques sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement, le chef de l'Etat a également estimé que "celui qui ne fait pas d'erreur, c'est celui qui ne cherche pas, qui ne fait rien ou qui mécaniquement fait la même chose que la veille", lors de l'annonce jeudi à Saclay d'un plan d'investissement national dans les technologies quantiques.

Vantant ce plan d'investissement de 1,8 milliard d'euros, il a estimé que "cette stratégie [assumait] la part de risques et d'erreurs." "Et je le dis parce que ce qui va avec la défiance française, c'est aussi cette espèce de traque incessante de l'erreur. C'est-à-dire nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs. Ce n'est pas comme ça qu'on fait face à la crise ou qu'on avance", a-t-il dénoncé.

L'avis des GG

Isabelle Saporta (éditrice): "Si il estime que nous, son peuple, on n'est pas à la hauteur de sa grandeur, il y a un petit sujet quand même non ? On a été les Gaulois réfractaires, il nous suffisait de traverser la rue pour trouver un boulot... Si on est pas à la hauteur de ce qu'il est je ne comprends pas pourquoi il veut être président des Français, et pas non plus pourquoi il voudrait y retourner en 2022.

Ce que je n'aime dans la macronie, dans ces élites qui ont un boulard énorme, c'est qu'on ne peut plus critiquer. Quand ils se trompent on a le plus le droit de le dire. Je ne comprends pas pourquoi la critique n'est pas possible. (...) Je pense qu'on les formate pour qu'ils n'avouent jamais aucun échec."

Mourad Boudjellal (ex président du RC Toulon): "C'est la phrase d'après qui me choque, disant que ceux qui ne font rien ne font pas d'erreurs. Quand on aspire à diriger un pays on part du principe qu'on est en capacité de ne pas faire d'erreurs. Il y a une seule façon de ne pas être critiqué c'est de ne rien faire. Quand tu es une personne publique et que tu ne supportes pas la critique il faut retourner dans l'anonymat."

Maxime Llledo (étudiant): "La désagréable sensation récurrente avec Emmanuel Macron c'est que nous sommes coupables de tout et eux responsables de rien. C'est ça le vrai problème. Quand ça va bien c'est que la stratégie a été extraordinaire, quand ça ne va pas c'est les Français qui se sont relâchés. Quand bien il y aurait des critiques abusives, c'est son rôle. il y a un article de la Constitution qui dit que chaque citoyen peut demander des comptes aux agents de l'Etat."

J.A.