RMC

Manque de doses, "surbooking": la campagne de vaccination patine dans certaines régions

Des rendez-vous de vaccination contre le Covid-19 ont été déprogrammés dans plusieurs régions de France, parfois jusqu'en mars, faute d'un approvisionnement suffisant en doses, le gouvernement mettant pour sa part en cause un "surbooking" dans certains centres.

La campagne de vaccination patine. Les créneaux libres pour se faire vacciner se font rares. Pire, certains centres de vaccination sont obligés d'annuler des rendez-vous par centaines, faute de doses.

Dans les Hauts-de-Seine, pas moins de 200 convocations ont été supprimées par le centre de vaccination de Clamart, qui a épuisé ses stocks en seulement 24 heures. Les 4 centres de l'agglomération de Reims doivent, eux, suspendre leurs activités jusqu'à la semaine prochaine. Situation similaire dans le Bas-Rhin, où les centres de vaccination seront fermés lundi et mardi prochain.

Dans les Hauts-de-France, l'ARS a demandé aux centres de ne plus prendre de rendez-vous et de reprogrammer 1 rendez-vous sur 3, en attendant d'avoir plus de visibilité sur les livraisons à venir.

"On se retrouve à hâter une campagne vaccinale pour laquelle on n'est pas prêts"

A peine 15 jours après avoir ouvert, le centre de vaccination de l'hôpital d'Alençon dans l'Orne a dû fermer temporairement ses portes du jour au lendemain, à la grande surprise de la cheffe du pôle médecine Sonia Cauchin: "On se retrouve à hâter une campagne vaccinale pour laquelle on n'est pas prêts. Ce que je veux c'est que nos autorités nous disent les choses telles qu'elles sont pour qu'on puisse faire correctement notre travail et accompagner les gens au mieux".

Situation similaire près de Nice : par manque de vaccins, le pôle Santé de Saint-Jean est en train d'annuler 800 rendez-vous, car son PDG Pierre Alemanno reçoit 4 fois moins de doses que ce qu'il avait prévu: "On part pour 400, on nous en donne 100. On nous demande de vacciner un certain nombre de gens et on nous dit qu'il n'y a plus de vaccins. On a fait ce qu'on nous demandait de faire, si derrière il y a des problèmes de vaccins qui n'arrivent pas, nous sommes impuissants".

Une situation différente selon les régions

Olivier Véran était devant la Commission des lois du Sénat hier pour s'en expliquer: "Les centres, qui ont fait preuve de beaucoup d'enthousiasme et vacciné beaucoup plus que prévu en janvier, n'auront en février que les rappels de vaccination. Là, je suis absolument intransigeant: toute personne vaccinée doit avoir son rappel. Et ils ne feront donc quasiment plus de primo-vaccinations en février. Car l'augmentation des livraisons n'est pas linéaire et se fait par palier."

D'une région à l'autre, toutefois, la population n'est pas logée à même enseigne. Les ARS d'Ile-de-France, de Bourgogne-Franche-Comté ou la préfecture de Normandie assurent ainsi n'avoir engagé aucune déprogrammation à ce jour. 

Victor Joanin avec P.B.