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Michel Onfray: "François Hollande c'est le ministère du verbe. Il n'y a que sa réélection qui l'obsède"

Le philosophe Michel Onfray, invité des Grandes Gueules ce jeudi, a mis en cause François Hollande qu'il accuse de tirer profit des violences lors des manifestations contre la loi Travail pour discréditer la CGT. Pour lui, le président de la République, "obsédé par sa réélection" a tout intérêt à ce que le mouvement dégénère.

La dernière manifestation contre la loi Travail mardi s'est terminée dans la casse. Affrontements entre casseurs et policiers, l'hôpital Necker pris pour cible, les débordements ont été condamnés par le gouvernement. François Hollande et Manuel Valls appelent désormais la CGT à "prendre ses responsabilités" et à cesser les manifestations. Mais pour Michel Onfray, "beaucoup de gens ont intérêt à ce que ça se passe mal" et en premier lieu le président de la République selon lui.

"On laisse casser, on dit ensuite que c'est la CGT, pour dicréditer la CGT. On est en période électorale, ça n'échappe à personne, on voit bien que François Hollande est à peu près prêt à tout pour pouvoir être élu candidat à nouveau", estime le philosophe.

"Le premier responsable, c'est le chef de l'Etat"

Pour lui, François Hollande et son gouvernement ont pourtant les moyens de faire cesser les débordements. "Vous êtes au pouvoir, vous avez la possibilité de calmer quelques émeutiers qui sont minoritaires, simplement vous les laissez faire parce que ça peut être intéressant d'identifier ces émeutiers à la CGT en général", appuie Michel Onfray.

L'avocate des Grandes Gueules Marie-Anne Soubré rejette son explication qui selon elle dédouane les auteurs des violences. "Le premier responsable, c'est le casseur", affirme-t-elle. Michel Onfray considère lui que l'exécutif est bien à blamer. "Le premier responsable, c'est le chef de l'Etat, le deuxième responsable c'est Manuel Valls, le troisième responsable c'est Bernard Cazeneuve", affirme-t-il, mettant en cause leurs directives.

"Il y a des gens qui m'envoient des images qu'on ne voit pas sur les médias qui choisissent leurs images et on voit bien que la police recule, que la police laisse probablement faire (...). Il est facile d'empêcher 30 personnes de mettre Paris à feu et à sang", poursuit-il.

"François Hollande ne tient rien"

Les débordements des manifestations, les violences en marge de l'Euro de football, l'assassinat de deux policiers par un islamiste radicalisé... ces événements illustrent pour Michel Onfray l'inaction de François Hollande. François Hollande pourrait au contraire "agir", plaide Michel Onfray, mais "il est dans la perspective de sa réélection, il n'y a que ça qui l'obsède".

"François Hollande ne tient rien. Il est quand même chef de l'Etat! Il déplore, il est sans cesse dans le 'ce crime ne restera pas impuni', 'quelle abomination', 'quelle effrayante barbarie', c'est le ministère du verbe!", constate le philosophe.

Sur la question du terrorisme, il déplore une autre forme d'inaction et dénonce la mise en garde de Manuel Valls qui a prévenu que cette guerre sera "l'affaire d'une génération". "Il faudrait qu'on se prépare à vivre avec ça pendant très longtemps. Je dis non. Il faut poser la question du pourquoi ça a lieu, pourquoi il y a du terrorisme (...). On ne règle pas le problème en disant il y a le bien le mal, il y a les barbares et les civilisés, il y a ceux qu'il faut buter et puis il y a nous", soupire le philosophe.

Carole Blanchard avec les Grandes Gueules