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Nicolas Vanier: "Hollande écologiste? De l’opportunisme électoraliste!"

L'aventurier Nicolas Vanier, ce mardi.

L'aventurier Nicolas Vanier, ce mardi. - RMC

L’aventurier Nicolas Vanier était l’invité du Grand Oral des GG, ce mardi sur RMC. Il n'a pas caché son profond scepticisme sur la grande conférence sur le climat, qui s'est ouverte ce lundi à Paris.

"Il y a eu des beaux discours: 'Notre maison brûle mais nous regardons ailleurs'". Cette phrase, prononcée par Jacques Chirac en 2002 au sommet de la Terre de Johannesburg, Nicolas Vanier ne l’a pas oubliée. Invité du Grand Oral des GG, sur RMC ce mardi, l’aventurier redoute déjà que la grande conférence sur le climat, qui s’est ouverte en grande pompe lundi à Paris, n’accouche d’une souris.

"Il reste beaucoup d’incertitudes, de problèmes. Je pense, et je ne crois pas me tromper que l’on s’achemine vers un semi-succès. Ce qui n’est pas à la hauteur des enjeux", prophétise-t-il. "Les négociations se sont achevées, en quelque sorte: on connaît la contribution de la plupart des pays. Donc ce que l’on sait, c’est que l’on va vers un réchauffement climatique de l’ordre de 2,5 à 3 degrés. Ce qui est beaucoup trop, puisqu’on sait qu’au-delà de 2 degrés, on va rentrer dans des phénomènes d’emballement", déplore-t-il.

"Cet accord doit être contraignant"

Et Nicolas Vanier soulève un autre problème de taille: "cet accord doit être contraignant", or rien ne laisse penser que ce sera le cas, argumente-t-il. "Parce qu’ils sont beaucoup à freiner des quatre fers: les Etats-Unis en tout premier lieu, et d’autres, comme l’Australie, l’Inde", énumère-t-il. "Cet accord doit être contraignant, sinon il va rester à l’état de belle promesse".

Pour l’aventurier, qui publie La Grande Course aux éditions XO, "il faudrait mettre en place une sorte de cour des comptes mondiale, une gouvernance écologiste mondiale (…) qui puisse faire respecter les engagements" des uns et des autres. 

"Ca manque un peu de vision"

"François Hollande qui est devenu écologiste, c’est de l’opportunisme électoraliste face à un mandat pas très réussi", raille Nicolas Vanier. "C’est un peu comme toutes ces entreprises qui deviennent écologiques pour des raisons économiques. Mais tant mieux, ce qui compte, c’est le résultat. Ce résultat va être moyen – certains vont dire un demi-succès, d’autres un demi-échec", poursuit-il.

A ses yeux, la COP21 ne va-t-elle donc servir à rien? "On a la sensation que ça manque un peu de vision", tacle-t-il. Avant de nuancer. "Mais il ne faut pas tout voir en noir, il y a quand même quelque chose de positif, qui est en train de se construire. Une prise de conscience de pays comme les Etats-Unis ou comme la Chine". Ouf.

C. P.