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Noël Mamère: "Légiférer sous le coup de l'émotion est dangereux"

Noël Mamère, ce lundi dans les Grandes Gueules.

Noël Mamère, ce lundi dans les Grandes Gueules. - RMC

Le député EELV de Gironde, Noël Mamère, a expliqué ce lundi dans les Grandes Gueules, pourquoi il n'a pas voté la prolongation de l'état d'urgence, décidé après les attentats de Paris et prolongé de trois mois par les députés, devienne permanent et constitue un frein à nos libertés.

Il est l'un des six députés à avoir voté contre la prolongation de trois mois de l'état d'urgence, jeudi dernier. Un peu plus d'une semaine après les attentats de Paris, Noël Mamère, invité ce lundi des Grandes Gueules sur RMC, n'a pas dévié de sa ligne de conduite. Pour le député EELV de Gironde, il n'est jamais bon de légiférer sous le coup de l'émotion. "Est-ce que l'on doit légiférer sous le coup de l'émotion lorsqu'on s'en prend aux libertés ?", interroge-t-il. "Sous le mandat de Nicolas Sarkozy je me suis battu contre cette forme de populisme pénale qui consistait à légiférer sou le coup de l'émotion.

"Un leurre sur lequel on s'est focalisé"

Pour lui, la prolongation de l'état d'urgence n'était "qu'un leurre sur lequel on s'est focalisé". "La réalité de ce qui a été proposé aux parlementaires le lendemain, c'était le durcissement de l'état d'urgence, avec notamment des dispositions comme l'assignation à résidence uniquement en fonction de son comportement. J'attends qu'on me donne la définition juridique du comportement qui peut conduire à l'assignation à résidence". Il n'en démord pas, selon lui, "une prolongation (de l'état d'urgence) ne peut que contribuer à réduire nos libertés. C'est donner raison à ces tueurs".

"L'exceptionnel va devenir l'ordinaire"

Pour Noël Mamère, "l'état d'urgence n'est pas forcément le meilleur bouclier contre les menaces terroristes. Ce n'est pas l'outil qui permet de lutter". S'il reconnaît qu'il faut "augmenter les moyens du renseignement, de police et de la justice", comme l'a fait François Hollande, il s'inquiète des dérives qui pourraient découler de l'émotion qui a suivi les attentats. "Vous imaginez que la menace terroriste va s'arrêter dans trois mois ? On peut très bien nous demander une nouvelle prolongation de l'état d'urgence dans trois mois, du coup l'exceptionnel va devenir l'ordinaire". "Aujourd'hui sous le coup de l'émotion, on pourrait demander encore plus de dispositions sécuritaires que les Français applaudiraient. Sauf qu'ils risquent de se réveiller avec la gueule de bois".

Philippe Gril avec les GG