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Notre société ne tient que grâce aux gens gentils!

Le moine bouddhiste et auteur Matthieu Ricard était l'invité des Grandes Gueules ce mardi et a pris un peu de hauteur pour faire un bilan sur le fonctionnement de notre société.

Matthieu Ricard et Christophe André, auteurs de A nous la liberté, étaient les invités du Grand oral des Grandes Gueules ce mardi matin pour évoquer leur nouvel ouvrage. Le célèbre moine bouddhiste et le médecin psychanalyste, spécialiste des émotions, prônent une philosophie basée sur le calme et le respect, ce qui ne peut pas faire de mal en ces temps troublés.

Ils rappellent toutefois que la situation, aussi tendue qu'elle soit dans le pays en ce moment, n'est pas forcément pire qu'avant en prenant pour argument que statistiquement l'on vit mieux de nos jours. Evoquant une société actuelle basée sur la violence, l'avocat Gilles-William Goldnadel leur fait en revanche remarquer que l'on privilégie malheureusement davantage l’intelligence à la bonté.

Matthieu Ricard le reconnaît, et prend exemple sur une étude qui montrait deux commentaires d’un livre imaginaire écrits par la même personne. L’un est acerbe, cynique, et l’autre est élogieux. Et en demandant à des personnes qui a la vision la plus réaliste de ce roman, 70% des personnes interrogées pensaient que c'était la personne qui critiquait durement. 

"La banalité du bien, on n’y fait plus attention. Ce qui est un bon signe !"

L’humour doit-il donc forcément être méchant ?

"J’aime bien parler de la banalité du bien", souligne Matthieu Ricard. "Car il est clair la plupart des gens sur Terre se comportent de manière les uns envers les autres, et c’est pour ça qu’on est choqués quand ce n’est pas le cas. La banalité du bien, on n’y fait plus attention. Ce qui est un bon signe !" 

Son co-auteur approuve et insiste

"Si vous voulez qu’on parle de vous il vaut mieux donner trois claques à quelqu’un que lui faire un compliment. Je crois que ça veut dire que ça nous angoisse, que nous sommes fascinés par ce qui nous fait peur. Je pense que notre cerveau primitif cherche à voir d’où vient le mal et comment s’en protéger. Mais en réalité notre société ne tient que grâce aux gens gentils. Ce sont le bienveilleurs, ceux qui font des actes et délivrent des paroles gentilles, sans se faire remarquer, sans rien demander."
James Abbott