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"On assiste à un véritable exil des juifs de France", assure Gilles-William Goldnadel alors qu'un juif sur trois s'estime menacé sur le territoire

Un juif de France sur trois se sent menacé d'après une étude de l'IFOP. Pour Gilles-William Goldnadel, qui revient sur la situation des Français de confession juive, les élites de la justice et de l'éducation nationale ont une part de responsabilité dans la montée de l'antisémitisme en France.

Alors que selon un sondage IFOP paru ce mardi, un juif sur trois se sentirait menacé en raison de son appartenance religieuse en France, Gilles-William Goldnadel a dénoncé sur le plateau des "Grandes Gueules" l'aveuglement des élites et des institutions face à la montée de l'antisémitisme. "Il y a une triste spécificité française. C’est le pays démocratique on l’on a tué assassiné, torturé des juifs parce qu’ils étaient juifs", a-t-il assuré dans un premier temps sur RMC.

"On s’est focalisé sur l’antisémitisme d’extrême-droite qui n’a fait couler aucune goutte de sang juif depuis la fin de la guerre, alors qu’on a pas voulu voir la montée de l’antisémitisme islamiste", a assuré l'avocat, alors que 23% des juifs de France assurent avoir été victime d'une agression physique dans leur vie et 70% d'un acte antisémite. Un chiffre qui atteint 84% chez les 18-24 ans.

"J’en veux aux fausses élites françaises y compris à la communauté juive organisée de ne pas avoir vu le danger"

En 2018, le ministère de l'Intérieur a recensé environ 540 actes antisémites pour une population estimée à 467.500 personnes. Un chiffre en constante baisse alors que 6000 d'entre eux choisissent d'émigrer en Israël chaque année: "Il y a des milliers de jeunes qui sont partis en Israël et ça me désole de voir les juifs de France, d’une certaine manière expulsés d’un pays dont ils sont les habitants depuis des milliers d’années. On assiste à un véritable exil des juifs de France", a déploré Gilles-William Goldnadel.

"Les élites ont une très grande responsabilité dans le retard dans la prise de conscience de l’importance du phénomène antisémite en France. J’en veux aux fausses élites françaises de la justice, de l’éducation nationale de la politique y compris de la communauté juive organisée de ne pas avoir vu assez tôt le danger (...) Le mal est maintenant très important, il fait partie de la spécificité française. Dans les quartiers exposés, ils ne peuvent plus porter la kippa", a dénoncé l'avocat. 

Selon l'enquête de l'IFOP, 23% des juifs de France interrogés assurent avoir été victime d’une agression physique dans leur vie, 64% d’une agression verbale et 70% d’un acte antisémite, un chiffre qui s'élève à 84% chez les 18-24 ans. Et ces chiffres ont des conséquences au quotidien: de plus en plus de juifs expliquent qu'ils tentent de se fondre dans la masse, en évitant certains quartiers pour beaucoup ou en arrêtant d'afficher des symboles religieux comme la kippa pour un tiers d'entre eux.

Guillaume Dussourt