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"Ouvrir les écoles, c'est ouvrir les portes de toutes les maisons au virus": l'inquiétude des maires à l'approche de la rentrée des classes le 11 mai

L'association des maires d'Ile-de-France, a écrit dimanche à Emmanuel Macron pour lui demander de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure au 11 mai, dénonçant un déconfinement "à marche forcée". Christian Schoettl, maire de Janvry dans l’Essonne était l’invité des "Grandes Gueules" ce lundi 4 mai.

"Nous, maires d'Île-de-France, vous demandons solennellement de repousser la date de réouverture des écoles": telle est la demande de 329 maires d’Ile-de-France ce dimanche. A travers cette lettre ouverte à Emmanuel Macron, publiée sur le site de La Tribune, ils dénoncent un déconfinement "à marche forcée" prévu le 11 mai.

"On n’est pas face à un problème de scolarité mais à un problème de garderie"

Les édiles demandent au président de la République "que l'Etat s'assure que toutes les conditions sanitaires soient réunies" et "de ne pas faire reposer sur les maires la responsabilité juridique, politique et morale de la réouverture des écoles".

Christian Schoettl, maire de Janvry dans l’Essonne, fait partie des signataires de cette lettre ouverte. Pour lui, permettre aux enfants de retourner à l’école, fait porter un risque lourd de contamination sur le reste de sa famille.

"Ca fait 45 jours qu’on se bat sur la commune pour tout faire (…) Pour moi, ouvrir les écoles, c’est ouvrir les portes de toutes les maisons au virus. On n’est pas face à un problème de scolarité mais à un problème de garderie. Demain, on va envoyer les parents travailler à droite et à gauche, ramener le virus à la maison, les gosses vont ramener le virus à l’école".

"Il est hors de question que j’ouvre la porte de toutes les maisons après m’être battu pendant 45 jours"

Malgré les dernière études scientifiques qui affirment que les enfants seraient moins contagieux et moins vecteurs du virus, l’édile craint des drames au sein de sa commune si les écoles rouvrent.

"On est en première ligne depuis le début pour essayer de protéger les gens, mais là, il n’y aucune justification de réouvrir les écoles. Chez nous, il n’y a pas de décrochage, ça se passe bien. Il est hors de question que j’ouvre la porte de toutes les maisons après m’être battu pendant 45 jours pour qu’un drame arrive sur ma commune. Le 25 mai, nous nous réunions avec le conseil municipal, nous ferons le bilan de ces 15 jours de déconfinement pour savoir si ça se passe bien (…) Imaginez un gosse qui contamine ses parents avec des conséquences graves".
Les Grandes Gueules (avec C.P.)