RMC

Pénurie de carburant: "On m'empêche de bosser, je fais quoi de mon personnel?"

Le mouvement de grève qui entraîne dans de nombreuses stations-service des pénuries de carburant met en colère Johnny Blanc. Pour le fromager des Grandes Gueules, la situation l'empêche de travailler, il s'insurge contre les grévistes de la CGT.

"On m'empêche de bosser!" Johnny Blanc, le fromager des Grandes Gueules est exaspéré par les blocages des grévistes dans les raffineries et les dépôts de carburant. Depuis plusieurs jours, son entreprise installée dans les Deux-Sèvres tourne au ralenti à cause du manque de carburant des les stations-service. "Pour l'instant il y a des stations qui n'en ont plus. Ils arrivent à se réapprovisionner et on arrive à faire un peu le plein mais on est limité à 20 ou 30 euros par véhicule", explique-t-il. Un rationnement qui s'applique aussi à son véhicule professionnel.

"Si je ne peux plus ramasser le lait, je ne travaille pas. Je fais quoi de mon personnel? Je les mets en congés forcés? Je les paye comment?", se plaint-il. Une situation dont il voit les conséquences également auprès de ses clients.

"Samedi j'ai appelé pour les commandes et ils m'ont dit laisse tomber on n'a personne sur le marché. Ils sont en région parisienne, pas de gasoil, pas de carburant, les gens ne se déplacent pas sur le marché", déplore le fromager pour qui le mouvement de grève met en péril son entreprise.

"Un phénomène CGTiste qui ne représente rien du tout"

Johnny Blanc est particulièrement en colère contre la CGT, à l'origine des appels à la grève dans les raffineries et désormais également dans le secteur énergétique.

"Je n'arrive pas à comprendre cette espèce de phénomène CGTiste qui ne représente strictement rien du tout si ce n'est qu'eux-mêmes. Toute cette gauche qui nous parle sans arrêt de démocratie. Je ne vois pas comment 10% de la population peut bloquer les 90 qui restent. J'ai des envies de meurtre maintenant quand je vois des mecs de la CGT, je ne peux plus supporter ces gens-là", s'énerve-t-il. 

Pour Fatima Aït Bounoua, la prof de lettres des Grandes Gueules, la CGT ne fait qu'employer les mêmes méthodes que le gouvernement. "Avec les blocages, la CGT sort son 49.3. Ils font pareil et nous on est entre les deux. On est entre ceux qui veulent discréditer le mouvement, le gouvernement, en disant que c'est irresponsable et la CGT qui veut responsabiliser le mouvement en disant que c'est de leur faute", estime-t-elle. Reste pour elle la question de savoir "qui défend nos intérêts?"

Carole Blanchard avec les Grandes Gueules