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Policier blessé: Maréchal-Le Pen dénonce "le laxisme judiciaire généralisé"

La députée du Vaucluse a réagi sur RMC à l’équipée sanglante lundi en Seine-Saint-Denis d’un malfaiteur en cavale signalé pour radicalisation, qui a été abattu par les forces de l’ordre et a laissé un policier dans un état "désespéré". "Au minimum, il faudrait interdire tout aménagement ou réduction de peine", a-t-elle réclamé.

Invitée des Grandes Gueules de RMC ce mardi, la députée du Vaucluse et tête de liste FN en PACA pour les élections régionales de décembre Marion Maréchal-Le Pen a fustigé, au lendemain d'un braquage ayant laissé un policier dans un état désespéré en Seine-Saint-Denis, le "laxisme judicaire généralisé" qui règne selon elle en France.

Marion Maréchal-Le Pen a dit "bien sûr" demander des explications à la ministre de la Justice Christiane Taubira, alors que l’un des braqueurs auteur des tirs contre la police - qui a succombé à ses blessures - était en cavale depuis une permission de sortie accordée en mai et fiché pour radicalisation. Ce "laxisme judiciaire (qui) ne date pas d’hier, il ne date même pas de Christiane Taubira", a tancé l’élue, "même si elle l’a aggravé il faut bien le dire avec sa réforme pénale".

"Un contrôle judiciaire ineffectif"

Comme Marine Le Pen avant elle le matin même, Marion Maréchal-Le Pen s’en est prise aux aménagements de peine. "C’est une question beaucoup plus large d’ailleurs que ce seul phénomène qu’il faut poser: c’est la question des aménagements de peine et même des réductions de peine qui sont en France aujourd’hui automatiques, puisque de facto la plupart des condamnés n’arrivent même pas à la moitié de leur peine", a-t-elle dénoncé, pointant notamment du doigt "l’ineffectivité du contrôle judiciaire".

"La police, de manière générale, n’alerte le juge qu’au bout de la quatrième ou cinquième fois au mieux que la personne ne s’est pas présentée", a-t-elle détaillé. "Et pire encore, même lorsque la justice réagit, en réalité il y a très peu de peines d’emprisonnement qui sont prises pour ne pas avoir respecté ces contrôles."

"Laxisme judiciaire généralisé"

"On est donc dans une espèce de laxisme généralisé d’autant plus grave aujourd’hui qu’on était face à une personne fichée S (pour Sûreté d'Etat, Ndlr). Et qu’au minimum, concernant ce type de profils radicalisés, il faudrait évidemment interdire tout aménagement ou réduction de peine", a jugé Marion-Maréchal Le Pen.

Lorsqu’on lui faisait remarquer que le braqueur avait bénéficié d’une permission de sortie occasionnelle et non d’un aménagement de peine, la députée frontiste a fait valoir que le sujet devait être "beaucoup plus large".

"Vous n'êtes pas au niveau de madame Michu"

Et alors que l’avocate Marie-Anne Soubré lui opposait que "quand on aménage la sortie, plutôt qu’une sortie sèche, on fait baisser d’autant le taux de récidive", Marion-Maréchal Le Pen a simplement répondu: "On peut rentrer dans une bataille des chiffres, mais moi j’ai un adage de bon sens qui dit que 'quand on voit ce qu’on voit, quand on entend ce qu’on entend, on a raison de penser ce qu’on pense'". Une réponse qui lui a valu la réprobation de notre Grande Gueule : "Ce n’est pas de la politique, excusez moi, vous êtes pas au niveau de Madame Michu !", a-t-elle lancé à Marion Maréchal-Le Pen.

"Ce que vous mettez sous le terme de réinsertion, ça équivaut de facto à un laxisme judiciaire", a conclu la députée. Et de marteler : "en tout cas ce qu’on constate c’est que de facto les aménagements et les réductions de peine ça n’empêche pas du tout la récidive. Sur le papier oui mais dans la réalité ce n’est pas le cas."

V.R.