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Présidentielle: "Marine Le Pen décidera lundi" pour les jauges en meetings, selon Julien Odoul

Invité des "Grandes Gueules" ce vendredi sur RMC, le porte-parole du Rassemblement national Julien Odoul a indiqué que Marine Le Pen, candidate du parti à l’élection présidentielle, prendra une décision lundi sur le fait d’instaurer ou pas des jauges pour ses meetings politiques.

Protégés par la Constitution, les meetings politiques ne sont pas concernés par le retour des jauges dans le cadre de la lutte contre le Covid. Si les concerts ou les rencontres sportives devront se limiter à 2.000 personnes en intérieur et 5.000 personnes en extérieur à partir du 3 janvier, et jusqu’au 25 janvier au moins, les rassemblements de quelques milliers de personnes sont toujours officiellement possibles pour les candidats à l’élection présidentielle. Mais certains partis ont choisi de se plier malgré tout aux jauges, sans y être soumis.

Après LREM, qui attend l’entrée en campagne officielle d’Emmanuel Macron, c’est LR qui a annoncé ce vendredi, par le biais d’Eric Ciotti, que Valérie Pécresse fera appliquer les jauges à ses meetings. Comme La France Insoumise pour Jean-Luc Mélenchon et Reconquête pour Eric Zemmour, le Rassemblement national, pour Marine Le Pen, a expliqué dans la semaine qu’il n’envisageait pas d’instaurer des jauges.

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"Il faut que les candidats puissent faire campagne, avec des réunions publiques"

Mais selon Julien Odoul, porte-parole du parti, ce n’est pas encore définitivement acté. "Ce sera décidé lundi, a-t-il expliqué ce vendredi dans ‘Les Grandes Gueules’ sur RMC et RMC Story. On va trancher sur la poursuite de la campagne en termes de réunions publiques et de meetings. Je ne vais pas répondre à la place de ma candidate. C’est Marine Le Pen qui décidera lundi, après avoir consulté les membres du bureau du campagne."

"Moi, ce que je pense, c’est que la campagne présidentielle est essentielle pour notre démocratie, a ajouté le conseiller régional de Bourgogne Franche-Comté. Dans trois mois, on a le premier tour de l’élection présidentielle. Personne n’en parle. On a l’impression que c’est lointain et ce n’est pas dans les préoccupations des Français, qui sont aujourd’hui absorbés par la crise sanitaire et par la crise économique. On a des Français qui sont fracassés, qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois. Et 12 millions qui n’arrivent pas à se chauffer. C’est le bilan de M. Macron. Mais cette campagne, il faut qu’elle ait lieu. Il faut que les candidats puissent faire campagne, avec des réunions publiques."

"J’ai vu Marine Le Pen sur une foire à Vesoul, j’ai vu le besoin des gens de l’écouter, de la toucher"

Et selon Julien Odoul, les Français ont "besoin" d’avoir un contact plus direct avec les candidats. "Ça fait deux ans qu’on s’adapte, qu’on organise des visioconférences, qu’on fait des réunions et des assemblées en distanciel. J’ai vu lors de la campagne régionale qu’il y a besoin de présence, de terrain. Le distanciel, c’est bien gentil, ça peut pallier, mais il y a besoin d’aller au-devant des gens. J’ai vu Marine Le Pen sur une foire à Vesoul, j’ai vu le besoin des gens de l’écouter, de la toucher, de comprendre et d’attendre ses propositions."

"Une campagne présidentielle, c’est la rencontre d’un homme ou d’une femme avec le peuple français, poursuit le porte-parole du RN. Ce n’est pas la rencontre d’un ordinateur et d’une caméra. Il faut que cette campagne ait lieu dans les conditions sanitaires optimales, avec les gestes barrières et toute la prudence nécessaire. Moi, je regrette qu’à trois mois de l’élection présidentielle, on en soit à parler de savoir si on va organiser des meetings ou pas. Sachant que les chiffres de l’épidémie ne sont pas inquiétants du point de vue de la mortalité et des hospitalisations."

"Je comprends l’exaspération des artistes notamment, a reconnu Julien Odoul. Pourquoi les meetings et pas les concerts? Il y a une incohérence. Pour autant, on ne peut pas mettre au même niveau les spectacles, les loisirs et la démocratie. Ce n’est pas la même chose. Les meetings politiques vont décider de l’avenir du pays. Et surtout, pas de jauges à la démocratie. On a déjà vécu ça aux municipales alors de grâce, finissons-en."

LP