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Propos de Camélia Jordana sur la police: "C’est gravissime d’employer ces termes, ce n’est pas l’apartheid en France!"

Les propos de Camélia Jordana sur les "massacres" de policiers ont exaspéré la "Grande Gueule" Zohra Bitan qui évoque des paroles gravissimes. Au contraire, une auditrice remercie l'artiste de mettre en avant l'oublie des banlieues par les politiques.

Dans l’émission On n’est pas couché, samedi dernier, l’artiste Camélia Jordana a lâché des propos qui n’ont pas mis longtemps à faire polémique. "Je parle des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau. C’est un fait", a-t-elle expliqué, pleine d’assurance.

"On n’est pas aux États-Unis ici"

Dans les Grandes Gueules, ce lundi matin, Zohra Bitan a dénoncé les mots de la chanteuse. "Rendez-vous compte, elle dit: "les gens se font massacrer parce qu’ils sont noirs ou arabe". C’est hallucinant! C’est gravissime d’employer ces termes. Qu’elle nous donne la liste factuelle de ces gens. C’est absolument incroyable ça."

"C’est trop facile de prendre des raccourcis comme cela. Du coup, ça évite d’esquiver le débat dans le détail, regrette la "GG". Qu’on puisse reprocher à la police un certain nombre de faits ou d’actes de racisme, c’est indéniable. La Police n’est pas parfaite. Mais des noirs et des arabes en France, il y en a partout, pas que dans les cités".

"Mes enfants sont bronzés, ils ne se font pas arrêter à cause de leur couleur de peau pour autant. Ce n’est pas l’apartheid en France. On n’est pas aux États-Unis ici".

Pour elle, ces propos sont donc réducteurs. "Ces gens-là dénoncent les faits de la police mais jamais l’autre côté avec, aussi, les provocations des jeunes avec la délinquance etc. Ils ne servent pas la cause ni des jeunes, ni des familles, ni des quartiers. Ces provocations et cette haine anti-flics ont toujours existé dans ces quartiers".

"Je la remercie d’avoir mis ce sujet sur la table"

Pour Nassera, auditrice des GG, les propos de Camélia Jordana sont "peut-être exagérés mais s'ils ne les étaient pas, aujourd’hui, on n’aurait pas ce débat. Et je trouve ça bien, affirme-t-elle. Je la remercie d’avoir mis ce sujet sur la table parce que ce sont des choses que l’on ne met pas en avant. Car on a laissé pour compte les banlieues.

"Dire qu’il n’y a pas de violence policière et pas de débat sur ce sujet, c’est honteux. Ce ministre devrait dire, il faut rétablir le dialogue avec les jeunes"

Nassera pointe du doigt l'attentisme de l'État. "Est-ce que certaines choses se sont passées après que François Hollande ce soit rendu au chevet de Théo qui avait subi des violences policiers? Non. Il n’y a pas eu de débats avec les jeunes".

"Un jour, raconte l'auditrice, je me suis fait contrôler par des policiers. Et ce n’était pas par une femme. C’est un problème! Je me suis fait palper par un homme alors que j’allais au travail. Je suis une femme maghrébine. Vous voulez que je fasse quoi?" se défend-elle.

Les Grandes Gueules (avec Maxime Trouleau)