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Propos de Jean-Luc Mélenchon sur les policiers: "ll ne faut surtout pas déposer plainte pour ne pas lui réoffrir une tribune judiciaire"

Le président de la France Insoumise a affirmé à un manifestant mardi que les policiers étaient des "barbares". Pour David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale, il ne cherche qu'à se victimiser.

Les mots sur virulents, presque durs. Quelques jours après son procès, le président de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon a encore attaqué les policiers verbalement. En marge d’une manifestation contre la réforme des retraites à laquelle il participait mardi à Paris, il a été interpellé par un manifestant sur les violences policières. La réponse du leader de la France Insoumise a été claire : "Ce sont des barbares. Soyez prudents, parce qu’ils ne s’arrêtent plus maintenant. Samedi, si j’y avais été, ils me tuent. Ils attendent le prétexte".

Des mots qui ont choqué dans les rangs des forces de l’ordre ainsi que l’exécutif. Le Premier ministre, Christophe Castaner, a réagi ce matin sur Twitter demandant notamment des excuses envers les policiers. "Inacceptable insulte à nos forces de l'ordre mobilisées, chaque jour, pour protéger les Français, au péril de leur vie. Jean-Luc Mélenchon leur doit le respect, et désormais des excuses", a-t-il écrit. 

Mais pour David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale, il faut traiter ces déclarations de Jean-Luc Mélenchon avec mépris.

"Tout ce qui est excessif est totalement insignifiant. On est, nous force de l’ordre, depuis trop longtemps, otage de querelles politiques. On voit très bien ce qui se passe aujourd’hui. Monsieur Mélenchon sort d’un procès qu’il a mis en scène de manière médiatique et politique et dans lequel on a été secoué, abîmé, sali, et monsieur Mélenchon continue de monter de son, sur le même créneau", explique-t-il. 

"Il veut se victimiser"

Il appelle d’ailleurs les autres syndicats de forces de l’ordre à garder leur calme et de ne pas tomber dans la surenchère. "Il ne faut surtout pas déposer plainte pour ne surtout pas lui réoffrir une tribune judiciaire comme on vient de le voir", précise David Le Bars.

Une plainte serait donc une façon de replacer sur le devant de la scène médiatique Jean-Luc Mélenchon en lui accordant un statut de victime estime le syndicaliste. Il précise que les manœuvres de Jean-Luc Mélenchon sont faites dans un seul but: "Se victimiser vis-à-vis d’Emmanuel Macron pour ré-rentrer dans la vie politique là où il en est sorti en échouant avec les ‘gilets jaunes’", précise-t-il.

Guillaume Descours