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Propos sur les "non-souchiens": Finkielkraut estime être "l'objet d'une vindicte invraisemblable"

Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut est revenu ce lundi dans les Grandes Gueules sur ses propos polémiques, tenus dimanche au lendemain de l'hommage populaire à Johnny Hallyday. "Je ne comprends rien à cette tempête", a-t-il expliqué.

Après ses propos polémiques, dimanche, sur l'hommage populaire à Johnny Hallyday, qui a rassemblée la veille entre 500.000 et 1 million de personnes, le philosophe Alain Finkielkraut s'est défendu ce lundi dans les Grandes Gueules. "Cette tempête (que j'ai déclenchée), je n'y comprends rien. (…) Je suis l'objet d'une vindicte absolument invraisemblable", a-t-il d'abord déclaré. S'il constate que son expression "non-souchiens" a "choqué", il explique: "Elle n'est pas de moi, je reprenais avec ironie une parole de la leader des Indigènes de la République, Houria Bouteldja, qui parlait de souchiens pour désigner les Français de souche. Je ne suis pas moi-même quelqu'un de souchien." "Je n'ai rien en moi de Johnny, et je ne m'insurgeais pas contre l'absence des banlieues et de la diversité à cette manifestation, je la constatais", a-t-il poursuivi.

"En France, le divertissement est roi"

Alain Finkielkraut a ensuite détaillé le fonds de sa pensée. Il a regretté qu'en France, "le divertissement est roi", dénonçant le fait qu'Aurore Bergé avait comparé la ferveur pour Johnny Hallyday a ce qui avait eu lieu en France pour Victor Hugo, et le fait que le président de la République classe le chanteur dans la même rubrique que Jean Moulin ou Germaine Tillion. "Mon constat, c'est que le divertissement règne mais ne fait pas lien. Il n'a pas la fonction sociale que certains voudraient lui assigner. Il y a le rock et le rap, ce qui enthousiasme les vieux et fédère les jeunes, ce en quoi se reconnaît la France périphérique et ce qu'apprécie la France des banlieues."

"Johnny remplace Victor Hugo mais n'a pas cette fonction sociale"

"Quand je dis 'le petit peuple blanc' (le seul présent lors de la cérémonie selon lui, NDR), je le dis sans aucun mépris. Je prends acte de ce fait: il y avait une certaine classe sociale qui était là – la classe des oubliés, de la France périphérique. Il y avait le show-bizz, mais je regrette que l'on puisse en France faire lien avec le divertissement, la comparaison avec Victor Hugo me paraît ridicule. Johnny remplace Victor Hugo mais n'a pas cette fonction sociale qu'on voudrait lui attribuer parce qu'il ne fait pas lien", a conclu le philosophe.

P. G. avec les GG