RMC

Rama Yade, exclue du Parti radical: "C'est le retour des purges staliniennes"

Rama Yade était l'invitée des Grandes Gueules ce mardi

Rama Yade était l'invitée des Grandes Gueules ce mardi - Visual

Rama Yade, conseillère régionale d'Ile-de-France, ancienne secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy et récemment exclue du Parti radical, était l'invitée, ce mardi, des Grandes Gueules de RMC. "C'est du pur arbitraire, aucune règle n'a été respectée", estime-t-elle, entre autres.

Le Parti radical a annoncé jeudi dernier avoir exclu de ses rangs Rama Yade en raison de certaines "prises de position" et de "propos de nature à nuire au parti". Ancienne membre de l’UMP, secrétaire d’Etat pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, Rama Yade a en fait été exclue le 11 septembre, par décision de la commission de discipline de la formation, a précisé la direction du Parti radical. Une décision que la conseillère régionale d'Ile-de-France de 38 ans ne digère toujours pas.

"On invente des motifs fantaisistes"

"C'est une double peine puisque en plus d'avoir été exclue du parti, j'ai été sortie des listes régionales ce qui me vaut de perdre mon seul mandat électif", déplore Rama Yade ce mardi dans les Grandes Gueules sur RMC. Et d'estimer: "On est revenu au temps des purges staliniennes. C'est-à-dire qu'on invente des motifs assez fantaisistes, qui datent d'ailleurs d'il y a neuf mois-un an, pour se débarrasser de quelqu'un qui a osé faire quelque chose que jamais personne n'avait fait en politique. A savoir dévoiler, contester les dessous de la cuisine interne et peu ragoûteuse (sic) des partis politiques. C'est du pur arbitraire".

Jeune pousse de la sarkozie, l'ex-secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme puis aux Sports de Nicolas Sarkozy n'en démord pas: elle est victime d'un règlement de comptes politique. "Ce n'est pas le Parti radical dans son ensemble que je vise, précise Rama Yade. En effet, j'ai été candidate à la présidence du parti. On m'a accordé 40% des suffrages. Et bien ces gens-là sont choqués, y compris ceux qui avaient voté pour Laurent Hénart".

"Pas là pour pleurnicher"

Et de poursuivre, remontée: "Ils sont absolument sidérés parce que les instances du parti n'ont même pas été réunies. On nous a annoncés du jour au lendemain qu'une commission de discipline avait donné cet avis, et non une décision. Et puis le président de cette commission s'est manifesté auprès des médias en disant qu'il n'avait réuni cette commission. Je le répète, on est en plein arbitraire. Aucune règle n'est respectée. C'est ça qui est choquant". Si elle assure que son cas personnel "n'est pas le plus important" et ne pas "être là pour pleurnicher", la conseillère régionale considère qu'il "s'agit plutôt d'une question de principes et de valeurs".

A la question de savoir si finalement elle ne payait pas sa grande gueule, Rama Yade se montre offensive: "La France est une démocratie mais la classe politique est une aristocratie. Aujourd'hui, on a une fermeture du système politique vis-à-vis des gens comme moi, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas issus du système. Et comme je dénonce des pratiques déplorables, rejetées par l'ensemble des Français, on me le fait payer."