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Sandrine Rousseau: "Les SMS sortis dans l'affaire Baupin sont tronqués, partiaux"

Sandrine Rousseau, secrétaire nationale adjointe EELV s'est défendue vendredi dans les Grandes Gueules d'avoir menti sur les faits d'agression sexuelle qu'elle aurait subi de la part de Denis Baupin. Une accusation formulée par son avocat dont elle dénonce la stratégie. Elle regrette que peu de voix se soient élevées chez les hommes politiques pour réclamer la démission du député vert.

"Je n'ai pas menti". Sandrine Rousseau qui fait partie des 13 femmes à avoir accusé Denis Baupin de harcèlement et d'agressions sexuelles a été visée au début du mois de juin par son avocat qui l'accusait SMS à l'appui d'avoir "sans doute" menti. La secrétaire nationale adjointe du parti vert avait raconté avoir été plaquée contre un mur, tenue par la poitrine par Denis Baupin qui avait cherché à l'embrasser. Mais selon Emmanuel Pierrat, l'avocat de Denis Baupin, ils avaient eu le lendemain un "échange tout à fait banal avec des smiley" démontrant selon lui qu'elle avait "sans doute" menti.

"Dans les SMS qui sont sortis, nous on a la preuve que ce sont des SMS tronqués, des SMS partiaux", explique-t-elle dans les Grandes Gueules alors qu'une enquête est en cours.

La défense de Denis Baupin a également brandi l'idée d'un complot politique destiné à nuire au député de Paris. Sandrine Rousseau est exaspérée de voir sa parole et celle des autres femmes remise en cause, s'appuyant sur d'autres scandales impliquant des politiques.

"C'est presque incroyable que ces arguments marchent encore. Est-ce qu'il y a un seul cas d'un homme politique mis en cause dans une affaire qui n'a pas menti à un moment donné? Pourquoi Cahuzac alors qu'il fait la confession en disant non je vous assure je suis blanc comme neige, au nom de quoi ce serait lui qui aurait la parole la plus crédible?", dénonce-t-elle. 

"Son surnom c'était Denis-main-au-cul"

Sur la question du complot, il a également été reproché aux accusatrices d'avoir attendu plusieurs années avant d'en parler publiquement. Comme toutes les femmes à l'origine de cette affaire, la vice-présidente du conseil régional des Hauts-de-France explique pourtant en avoir parlé, mais "les gens à qui on en a parlé ont minimisé, ils n'ont pas entendu". Selon elle, la réputation de Denis Baupin a joué contre elles.

"Quand il travaillait au siège ily a 20 ans de ça, son surnom c'était le poulpe ou Denis-main-au-cul (...) On savait qu'il était comme ça, donc quelle était la part de drague lourde ou du harcèlement ou de l'agression, je pense qu'on a aussi été victime de cette chose là."

Les agressions rapportées ont par ailleurs toutes été commises "à un moment particulier" de la vie politique de ces femmes qui étaient selon l'élue "en état de fragilité". "Moi j'arrivais au bureau exécutif des verts, personne ne me connaissait. Vous m'imaginez moi arrivant dans cette instance de direction porter plainte contre celui qui y est depuis des années. C'était quand même très compliqué, je n'avais pas envie de quitter ma carrière politique", poursuit-elle.

"Il paye son avocat avec son indemnité parlementaire"

Une forme de pression qui s'est exercée sur les victimes présumées et non pas sur Denis Baupin après les révélations, regrette Sandrine Rousseau. Si Denis Baupin a quitté la vice-présidence de l'Assemblée nationale, elle aurait aimé que davantage d'élus réclament sa démission du poste de député.

"Quand c'est l'affaire Thévenoud, quand c'est l'affaire Cahuzac, qu'il y a de la fraude fiscale, il y a des voix qui s'élèvent pour demander leur démission sans qu'il y ait eu de procès (...). Je n'ai pas entendu d'hommes politiques, à part Olivier Fallorni s'élever contre ça", déplore-t-elle, "choquée" que "son indemnité parlementaire" puisse servir à payer son avocat. 

Début juin, trois plaintes ont été déposées contre Denis Baupin pour harcèlement sexuel mais la plupart des faits rapportés, y compris l'agression dont Sandrine Rousseau a fait témoignage sont prescrits. Pour elle c'est sur ce terrain qu'il faut avancer pour que davantage accèdent au statut de victime: "le délai de prescription, c'est un véritable enjeu dans ces affaires-là".

Carole Blanchard avec les Grandes Gueules