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Sarkozy renvoyé en correctionnelle? "Ce n'est pas un acharnement judiciaire, il a plein de casseroles"

Pour Thierry Mandon, Nicolas Sarkozy mis en examen devrait se retirer de la candidature à la primaire de la droite.

Pour Thierry Mandon, Nicolas Sarkozy mis en examen devrait se retirer de la candidature à la primaire de la droite. - -

Nicolas Sarkozy est-il victime d'acharnement judiciaire comme le dénonce son entourage? Non pour le secrétaire d'Etat Thierry Mandon, invité des Grandes Gueules mardi. Pour lui, Nicolas Sarkozy est au même titre que Jérôme Cahuzac responsable de la décrédibilisation de la parole publique et devrait se retirer de la course à la primaire de la droite.

Le parquet de Paris s'est prononcé lundi en faveur d'un renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy dans le cadre de l'affaire Bygmalion. Mis en examen dans cette affaire, l'ancien président de la République est mis en cause pour le financement de sa campagne électorale de 2012. Après cette annonce, l'entourage de Nicolas Sarkozy a dénoncé un acharnement judiciaire. Le député Eric Ciotti s'est notamment étonné de la "concordance" de cette recommandation du parquet avec l'ouverture du procès de Jérôme Cahuzac tandis que le directeur général des Républicains, y voit un "complot politique". Pour le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur Thierry Mandon, l'explication est beaucoup plus simple: 

"Ce n'est pas un acharnement judiciaire, il a plein de casseroles!"

Plusieurs affaires menacent Nicolas Sarkozy

Si Nicolas Sarkozy n'a pour l'instant jamais été condamné, l'ancien président reste sous le coup de deux mises en examen, l'une concerne l'affaire Bygmalion, l'autre l'affaire dans laquelle avec son avocat il aurait tenté d'obtenir des informations sur une enquête auprès d'un magistrat, contre un poste de prestige. D'autres enquêtes menacent aussi Nicolas Sarkozy, le possible financement libyen de sa campagne de 2007, l'affaire des sondages de l'Elysée ou encore l'affaire Karachi. Un nombre d'affaires suffisant pour qu'il renonce à la présidentielle, selon Thierry Mandon.

"Ce n'est plus des casseroles, c'est une batterie de cuisine. Je trouve que quand on veut se présenter à la présidence de la République, qu'on veut restaurer l'autorité de l'Etat, qu'on dit qu'il y a un problème d'autorité, qu'il y a un problème de légitimité de la décision publique et qu'on arrive avec sa batterie de casseroles, ce n'est pas terrible", poursuit le secrétaire d'Etat. 

Un manque "d'éthique" de la part des politiques

Pour lui, Nicolas Sarkozy n'applique pas les propres règles qu'il fixait lorsqu'il était au pouvoir. "Quand on était ministre de monsieur Sarkozy, mis en examen, pas condamné, on devait démissionner du gouvernement. Comment se fait-il que Sarkozy imposait à l'époque à ses ministres de démissionner et lui qui est multi mis en examen il se présente à la candidature à la présidentielle?", s'interroge-t-il. 

Un comportement qui selon Thierry Mandon participerait à une décrédibilisation de la parole publique. Au-delà des lois, le secrétaire d'Etat estime que les politiques devraient s'appliquer des règles morales qui participeraient à une "restauration de la crédibilité de la parole publique". 

"Moralement, éthiquement, quand on est dans des affaires de justice, on n'a rien à faire dans un gouvernement ou dans une responsabilité élective et donc on disparaît de la scène politique. Si on est innocenté très bien", appuie-t-il.

Mais en cas de condamnation, ils devraient d'après lui raccrocher définitivement avec toute fonction politique.