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Sept trafiquants de drogues relâchés faute de juge disponible: "C'est devenu la triste norme"

Sept suspects dans un dossier de trafic de drogue ont été relâchés mardi par le tribunal correctionnel de Pontoise. Aucun magistrat n'était en mesure de présider l'audience.

Le tribunal correctionnel de Pontoise a remis mardi en liberté sept suspects dans un dossier de trafic de drogue, après le report de leur procès en raison de l'indisponibilité d'un magistrat en mesure de présider l'audience.

Les sept hommes ont été placés sous contrôle judiciaire "avec des obligations et interdictions strictes" (interdiction d'entrer en contact avec les coauteurs ou complices, obligation de pointer une fois par semaine au commissariat ou à la gendarmerie, interdiction de sortir du territoire). Leur procès ayant été renvoyé au mois de mars 2019, la détention provisoire ne pouvait être davantage prolongée, expliquent les chefs de la juridiction du Val-d'Oise.

"La misère de la justice française a bon dos"

Pour la GG Gilles-William Goldnadel, il ne s'agit pas forcément d'un manque de moyens: "La misère de la justice française a quand même largement bon dos. Je passe mon temps à constater la paralysie de la justice française. Il n'y a pas longtemps à Senlis, mon client voulait être jugé car il était poursuivi pour escroquerie, ils ont mis trois ans après l'instruction. A chaque fois c'était des renvois".

Et de poursuivre: "Ce que vous considérez comme anormal est devenu très largement la triste norme. Dans cette affaire là on constate qu'à Pontoise il y a beaucoup d'absentéisme de magistrats. Dans un an ou deux quand ils seront jugés, je parie qu'on ne va pas revoir tout le monde. Je suis extrêmement dubitatif. On nous dit que les magistrats étaient trop peu expérimentés. Mais c'est une affaire de trafic de drogues il ne faut pas sortir premier de l'école de la magistrature pour juger ce genre de faits".

"Tant qu'on ne reviendra pas au système ancien de la notation des magistrats et qu'il n'y aura pas un encadrement, il y aura une forme de laisser-aller", a-t-il aussi jugé.

P.B.