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Soldats tués au Mali: que fait encore l'armée française au Sahel?

Trois soldats français ont été tués au Mali lundi portant le nombre de morts au Sahel à 47 depuis 2013. Des décès qui posent à nouveau la question de la raison de la présence française dans la zone, où l'armée combat différentes factions djihadistes. Les "Grandes Gueules" de RMC en débattent.

Lourd bilan pour l'armée française: trois militaires de l'opération Barkhane ont été tués hier matin au Mali. Ces soldats du 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse (Meuse) ont été victimes d'une attaque à l'engin explosif. Leur décès portent à 47 le nombre de soldats français tués au Sahel depuis 2013 au sein des opérations Serval puis Barkhane. La mort de ces soldats pose à nouveau la question de la raison de la présence française au Sahel.

"La France est présente pour aider le Mali et l'Afrique à lutter contre le djihadisme. Je n'aime pas que l'on fasse le lien entre la perte de soldats et cette question de la raison de notre présence, légitime à tout moment. Cela montrerait notre faiblesse", juge Gilles-William Goldnadel qui déplore que l'Europe ne soit trop peu engagée aux côtés de la France.

Car la présence militaire française permettrait d'éviter des attentats sur notre sol croit savoir Joëlle Dago-Serry: "La France est là-bas pour lutter contre le terrorisme et cette question ne m'effleure même pas l'esprit. On parle souvent des actes terroristes qui ont réussi, mais on ne parle pas assez des attentats qui ont été déjoués. Cela fait partie de tout cela cette opération Barkhane", alors qu'une cinquantaine de djihadistes ont été tués récemment lors d'une frappe de l'armée française.

"Ce n'est pas les forces militaires françaises qui vont faire la différence"

"Cette région est un hub pour les réseaux djihadistes et criminels en tout genre. C’est une zone d’instabilité à nos portes et tout ce qui s’y passe à des répercussions sur nous. Nous avons des intérêts à défendre en Afrique, notamment nos intérêts stratégiques", expliquait en novembre 2019 sur RMC Michel Goya, historien et colonel de l’armée française, et ancien titulaire de la chaire d’histoire militaire à l’école de guerre.

Mais en un an, la situation a changé. "L'opération Barkhane est de plus en plus hors-sol par rapport aux réalités sociales, économiques et politiques des pays où elle opère. Tant que les états de la région n'ont pas récupéré réellement leur souveraineté, ce n'est pas les forces militaires françaises qui vont faire la différence si il n'y a pas d'accompagnement de reprise en main et de reconstruction d'état-nation", estime de son côté Antoine Glaser, journaliste spécialiste de l'Afrique.

Il y a actuellement deux grandes opérations extérieures impliquant l'armée française: l'opération Barkhane au Mali qui mobilise 5000 militaires soit la moitié des effectifs engagés à l'étranger, et l'opération Chammal en Irak et en Syrie où opère l'armée de l'air. D'autres soldats français assurent une présence permanente sur des bases à l'étranger comme à Djibouti ou en Côte d'Ivoire.

G.D.