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Soutien de Ségolène Royal à Jean-Luc Mélenchon, défections au RN et à LR… Comment expliquer les "trahisons" politiques

Soutiens, défections, ralliements... Les changements de camp dans cette campagne présidentielle se multiplient.

Ségolène Royal soutien inattendu de... Jean-Luc Mélenchon. L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007 a estimé mercredi qu'il était "évident" que le "vote utile à gauche, c'est le vote Mélenchon", le chef de la France insoumise. "C'est lui qui fait la meilleure campagne", selon elle, enfonçant encore un peu plus la candidate de sa famille politique initiale, Anne Hidalgo (PS).

"Il est structuré, cultivé. Il a l'expérience d'une campagne présidentielle. Il sait prendre des coups. C'est lui le plus solide", a-t-elle loué sur BFMTV. "Le vote utile à gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon".

L'intéressé l'a ensuite remercié, tout en la tenant à distance. "Son mérite est d'autant plus respectable car je sais que son soutien n'est pas un ralliement. Je lui en suis donc très reconnaissant", salue-t-il sur les réseaux sociaux.

Avec environ 10% des intentions de vote, le candidat insoumis est actuellement le candidat de gauche le mieux placé, même s'il reste loin de Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Eric Zemmour qui sont donnés autour de 15%.

"Ça date de l'Antiquité !"

Le dernier événement en date dans une campagne présidentielle en effet marquée par les défections et ralliements entre différents camps. C'est notamment le cas chez Eric Zemmour, qui parvient à attirer par exemple Nicolas Bay, Stéphane Ravier ou Gilbert Collard, qui quittent avec fracas le Rassemblement national, ou encore Eric Woerth, Natacha Bouchart ou Nora Berra qui délaissent Les Républicains pour soutenir Emmanuel Macron en vue de la présidentielle.

L'historien Jean Garrigues, invité des Grandes Gueules ce jeudi sur RMC, rappelle que la trahison n'est une chose nouvelle dans le monde politique.

"Ça date de l'Antiquité ! Brutus trahissant César. La trahison politique fait partie intégrante de la vie publique."

Et il rajoute que c'est d'autant plus d'actualité dans notre pays au vu de l'hyper-personnalisation de l'élection présidentielle en France sous la Ve République. "Il n'y a qu'un siège donc tout le monde essaye de se positionner", analyse-t-il, minimisant le terme de "trahison". "C'est tout simplement une manière de choisir", selon lui.

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J.A.